Strasbourg, 01/10/2007 (Agence Europe) - En adoptant, jeudi 27 septembre, le rapport quelque peu amendé de Piia-Noora Kauppi (PPE-DE, Finlande) sur « L'égalité entre les femmes et les hommes 2007 », le Parlement européen demande aux Etats membres de: - proposer des mesures spécifiques pour combattre les inégalités qui sont liées aux interruptions de carrière, notamment pour cause de maternité ou de soins aux personnes âgées ; - réduire leurs effets négatifs sur les carrières, les salaires et les droits à la retraite ; - veiller à ce que les salaires et les pensions soient identiques pour les hommes et les femmes.
Les lois existent, la réalité s'en éloigne souvent, et une vraie égalité entre hommes et femmes n'est pas encore réalisée, a constaté lors du débat le rapporteur, la Finlandaise Piia-Noora Kauppi, notamment en ce qui concerne le salaire ou le travail temporaire (qui concerne 32% des femmes et seulement 7% des hommes). Et ceci même si les femmes représentent la majorité de la force de travail dans les emplois non manuels hautement qualifiés. Selon Mme Kauppi, un progrès réel sur la voie de l'égalité serait possible si tous les Etats prenaient à charge les coûts des indemnités et des congés parentaux, qui sont pour l'instant généralement couverts par les entreprises. Dans mon pays, 60% des ministres sont des femmes, a rappelé le rapporteur, en espérant qu'il donne l'exemple dans ce domaine.
La Commission européenne partage les inquiétudes du rapporteur, a affirmé Louis Michel, en rappelant les actions qu'elle considère comme prioritaires, à savoir l'égalité du point de vue de l'indépendance économique, l'accès égal à des postes de direction, la conciliation de la vie professionnelle et privée. Sur ce point, la Commission a ouvert une large consultation avec les partenaires sociaux, dont la deuxième phase vient de se conclure, et va prendre des décisions sur la base des propositions qui lui ont été faites. M. Michel estime qu'il est possible de recourir à des amendements de la législation existante pour assurer la mise en œuvre de ces mesures. Mais la « barrière la plus difficile à dépasser » est constituée, selon M. Michel, par la persistance de stéréotypes, car leur élimination va au-delà de la législation et touche aux mentalités et aux comportements.
Les inégalités dans le monde de l'emploi existent partout en Europe, et pas seulement dans le sud, a fait remarquer l'Italienne Amalia Bartoli (PPE/DE), propos confirmé par la sociale-démocrate allemande Lissy Gröner: dans mon pays 26% des femmes sont moins bien payées que les hommes, et elles sont 50% en moyenne dans l'Union (la Suède est le pays le plus vertueux dans ce domaine, avec seulement 10% de femmes moins bien payées). La pauvreté, a ajouté la Portugaise Ilda Figueiredo (GUE/NGL), frappe surtout les femmes dans le monde rural. EUROSTAT devrait rendre ces femmes plus visibles. La Commission va examiner la législation existante dans ce domaine, pour déterminer si elle est assez efficace.
Si la très grande majorité des élus (y compris le Polonais Jerzy Buzek, PPE/DE) ont plaidé pour que l'Europe ne se prive pas de la formidable force de travail représentée par sa population féminine, le Britannique John Whittaker (Ind/Dem) a estimé que ce que demande le Parlement serait très mal accepté par les entreprises, qui finiraient par engager moins de femmes, pour éviter de nouvelles contraintes. Et une parlementaire a déploré que l'Europe se prive de ses « valeurs féminines », en donnant un sens de culpabilité aux femmes qui souhaitent rester à la maison.
Louis Michel a précisé à l'issue du débat que la Commission a envoyé en avril des lettres à dix-huit Etats membres qui ne transposent pas correctement la législation: une décision sur l'envoi éventuel d'avis motivés sera prise en décembre. La Commission va examiner en outre l'opportunité de modifications législatives pour mettre fin aux différences salariales entre hommes et femmes. Quant à la « fléxicurité », il a tenu à préciser que son but est d'offrir davantage de possibilités pour tous sur le marché du travail et non pas de créer l'insécurité. (gb/lg)