Lisbonne, 01/10/2007 (Agence Europe) - Le commissaire européen chargé de la Sécurité, Franco Frattini, a une nouvelle fois préconisé, lundi 1er octobre, le blocage des informations qui circulent sur Internet, concernant notamment la fabrication de bombes. Il a fait part de l'idée « de rendre punissable l'utilisation d'Internet à des fins abusives » aux ministres de l'Intérieur de l'UE réunis à Lisbonne à l'occasion du Conseil informel Justice et Affaires intérieures. La Commission européenne devrait présenter cette proposition aux Etats membres en novembre, dans le cadre d'une série de mesures visant à lutter contre le terrorisme. M. Frattini avait récemment fait part de son idée d'entreprendre une étude avec le secteur privé sur les moyens technologiques d'empêcher des gens d'utiliser et de chercher des mots dangereux comme « bombe », « tuer », « génocide » ou « terrorisme ». Selon lui, l'actuelle directive sur le commerce électronique, adoptée en 2000, permet de se prémunir contre les contenus Internet à caractère criminel. En revanche, cette directive ne contient pas de « référence claire » concernant les messages ou les instructions pour fabriquer une bombe, a-t-il dit, insistant sur la nécessité d'une mise à jour de la législation actuelle. En parallèle, un amendement à la décision-cadre de lutte contre le terrorisme (2002) sera proposé pour faire figurer cette référence. Le ministre portugais de l'Intérieur, Rui Pereira, dont le pays assure actuellement la Présidence de l'UE, a approuvé l'initiative du commissaire, estimant qu'un « large consensus » en faveur de cet instrument existait parmi les 27. Lors de son arrivée à la réunion, le ministre luxembourgeois de la Justice, Luc Frieden, a toutefois exprimé des doutes face à des mesures qui risqueraient, selon lui, de « restreindre les libertés ». Selon sa vision des choses, il serait en effet préférable de s'attaquer aux terroristes qui diffusent ce genre d'informations, plutôt que d'envisager le blocage de certains sites. En conférence de presse, M. Frattini a néanmoins estimé que le fait de donner des instructions pour fabriquer une bombe n'avait rien à voir avec la liberté d'expression. Lors de la discussion, le ministre de l'Intérieur italien, Giuliano Amato, a également fait part de l'utilité pour l'UE de disposer d'un instrument permettant de lutter contre la conspiration d'organisations pas forcément reconnues comme étant terroristes, mais capables de fomenter une attaque. Le commissaire Frattini a repris cette idée à son compte, indiquant qu'il allait étudier la question de savoir si la conspiration devait être pénalement répréhensible dans toute l'UE. (bc)