Bruxelles, 01/10/2007 (Agence Europe) - L'Union européenne veut « tout faire » pour améliorer le dialogue et la coopération avec la Russie afin de contribuer à résoudre les « conflits gelés » et les problèmes d'instabilité dans leur voisinage commun - en Moldova, au Bélarus, en Ukraine ainsi que dans les pays du Caucase du Sud et d'Asie centrale. A cette fin, l'UE est « disposée à réfléchir à la possibilité d'utiliser des instruments de la politique européenne de sécurité et de défense (PESD) pour mettre en œuvre des solutions à ces conflits gelés, notamment en Moldova et dans le Caucase du Sud », peut-on lire dans une note interne du Conseil, en guise de préparation du Sommet UE/Russie du 26 octobre prochain à Mafra (Portugal). Les Vingt-sept saluent l'amélioration du dialogue avec Moscou dans ce secteur, notamment dans le cadre de l'espace « Sécurité extérieure » (l'un des quatre « espaces communs » décidés en mai 2005), mais la situation est loin d'être satisfaisante. Car même si la Russie est devenue plus « ouverte » pour discuter de ces conflits avec les Européens, « les résultats concrets (de cette coopération) sont toujours maigres », lit-on dans le document du Conseil. De manière générale, « les approches de l'UE de la Russie (à l'égard des pays voisins communs) sont toujours largement divergentes », constatent les Etats membres, en citant comme exemples l'interruption des fournitures russes de gaz à l'Ukraine et au Bélarus, le soutien russe aux « régimes séparatistes » en Moldova et Géorgie ou la position de Moscou sur le dossier du Kosovo. Et pourtant, il existe un « grand potentiel » pour une coopération accrue dans le domaine de la sécurité, à condition que les autorités russes fassent preuve « d'engagement et de volonté réelle pour résoudre les conflits dans le voisinage commun ». Les Vingt-sept saluent le fait que la Russie soit en train de mettre en œuvre ses engagements dits « d'Istanbul » de mars 2006 sur le retrait de ses bases militaires de Géorgie. En revanche, « elle ne respecte pas ses engagements d'Istanbul en ce qui concerne le retrait de ses troupes de Moldova dans les délais convenus. En agissant de la sorte, Moscou envoie des signaux mitigés », poursuit la note.
Gestion de crises. L'UE et la Russie ont convenu en novembre 2003 de travailler à une approche commune en matière de gestion de crises, mais Bruxelles et Moscou divergent sur les modalités pratiques et juridiques de cette coopération. Alors que Moscou insiste sur une coopération « sur pied d'égalité » avec prise de décision conjointe et partagée (comme c'est le cas de ses arrangements avec l'OTAN), l'Union européenne veut à tout prix garder son « autonomie décisionnelle ». Par contre, l'UE encourage la Russie à participer dans des futures opérations et missions européennes de gestion de crises, « y compris à l'éventuelle future mission au Kosovo », lit-on dans la note interne du Conseil. (hb)