Bruxelles/Belgrade, 25/09/2007 (Agence Europe) - Aucune région d'Europe n'est aujourd'hui inaccessible au tourisme et si les Etats européens peuvent tirer un profit économique de cette réalité, ils doivent aussi mettre en œuvre une politique de gestion de leur patrimoine historique et culturel clairvoyante pour ne pas mettre en péril leurs biens les plus précieux. La table ronde organisée vendredi dernier lors de la célébration des JEP à Belgrade (voir EUROPE d'hier) a mis en évidence ce défi auquel sont confrontés tous les pays européens, en particulier les pays d'Europe de l'Est et du Sud-Est. L'ouverture des frontières et la stabilité politique actuelle ne manqueront pas d'attirer dans ces régions les touristes désireux de découvrir l'une des facettes encore méconnue du patrimoine européen et les autorités locales doivent impérativement mettre en place une politique adéquate axée sur la durabilité. En matière de tourisme, l'Europe représente plus de la moitié de la demande internationale et a attiré l'an dernier plus de cinq millions de touristes, un chiffre qui sera plus élevé encore l'an prochain ; 800 millions de personnes voyageront d'un pays à l'autre à l'horizon 2020 avec une motivation d'ordre culturel, a souligné Francesco Frangialli, secrétaire général de l'Organisation mondiale du tourisme. Ce nouveau phénomène sociologique peut avoir des conséquences désastreuses pour l'intégrité des monuments historiques, d'autant plus que ce phénomène s'accompagne de deux facteurs négatifs: l'augmentation des séjours courts provoquant un afflux de touristes sur une période courte privant le pays d'accueil des ressources économiques qu'il pourrait engranger sur une plus grande période, et un phénomène de médiatisation de certains sites (« Les huit merveilles du monde ») provoquant une augmentation des visites au détriment d'autres sites moins connus. Un phénomène qui touche directement l'Europe puisque sur les 666 sites culturels répertoriés par l'Unesco, 357, soit plus de la moitié, se situent en Europe. Quatre solutions sont à envisager: l'allongement des saisons touristiques, une meilleure politique de marketing pour susciter l'envie de visiter en dehors des saisons touristiques, la mise en place d'indicateurs de durabilité et une meilleure planification pour la fréquentation des sites, a conclu M. Frangialli. « On a besoin de schémas innovatifs pour un développement durable et un tourisme culturel de qualité », a commenté pour sa part M.Josep M. Lloveras, chef de la délégation de la Commission européenne auprès de la République de Serbie. (il)