Bruxelles, 11/09/2007 (Agence Europe) - Le débat politique sur la crise actuelle qui secoue les marchés financiers s'est poursuivi mardi 11 septembre en commission parlementaire des affaires économiques et monétaires du Parlement européen avec l'intervention du commissaire européen chargé du marché intérieur. Comme il l'avait fait la semaine dernière lors de la session plénière, le commissaire Charlie McCreevy a prôné une réglementation sur les services financiers « aussi légère que possible » (voir EUROPE n°9495). Selon lui, la crise financière serait surtout due à une défaillance des marchés réglementés et non à une absence de réglementation dont profitent certains acteurs financiers tels que les fonds spéculatifs (« hedge funds »).
Hedge funds. Alexander Radwan (PPE-DE, Allemand) a reproché à la Commission de n'avoir pas entamé dès 2004 de « dialogue sérieux » avec les autorités américaines concernant les fonds spéculatifs et les agences de notation financière. « L'Europe, c'est aussi Londres, mais pas seulement ! », a-t-il lancé. Le social-démocrate danois Poul Nyrup Rasmussen a dénoncé l'immobilisme du commissaire: pour vous, il suffit de secouer l'arbre pour que les pommes pourries tombent et continuer ensuite comme avant ! Et de proposer que la Commission élabore « un classement » des investissements dans lesquels les investisseurs peuvent avoir confiance. « Ce problème est un problème qui touche les marchés réglementés, les banques, et pas les autres comme les fonds spéculatifs », lui a rétorqué M. McCreevy, pour qui les banques portent la responsabilité d'avoir mis sur le marché de « mauvais crédits » uniquement pour accroître leurs profits. Lors du débat, plusieurs députés ont en effet mis en cause « la cupidité » des banques. Évoquant par ailleurs les mécanismes qui ont permis un transfert incontrôlé des risques tout au long d'une chaîne d'investisseurs, le commissaire a mis en doute la capacité des régulateurs nationaux à bien comprendre « la complexité des produits » financiers en cause. Un sujet, la surveillance prudentielle, qui ne manquera pas, selon lui, d'être abordé lors du Conseil Ecofin informel de Porto en fin de semaine.
Transparence. Charlie McCreevy a souhaité répondre « à l'appel en faveur d'une transparence améliorée, au sens large, que l'on entend souvent dans le débat » (voir EUROPE n°9498). « Je suis d'accord avec la nécessité d'améliorer la transparence », a-t-il expliqué, « mais il est important de souligner que les principales dispositions du nouveau cadre prudentiel sur les services financiers - en particulier les directives « Bâle II » et « MiFID » et la proposition « Solvabilité II » - ne sont pas encore mises en œuvre ». Et d'ajouter que ce cadre juridique, même s'il n'aurait pas pu empêcher la crise actuelle, réglemente « la publication d'informations, l'analyse des risques et l'accroissement du rôle des régulateurs ». (mb)