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Bulletin Quotidien Europe N° 9499
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/economie

La Commission européenne revoit à la baisse ses prévisions de croissance pour 2007

Bruxelles, 11/09/2007 (Agence Europe) - Si elles ne semblent pas devoir remettre en cause les performances économiques de l'UE en 2007, les perturbations financières actuelles jettent le flou à plus long terme et pourraient accentuer le ralentissement de la croissance que préfigurent les chiffres présentés mardi 11 septembre par la Commission. S'il souligne la bonne tenue des fondamentaux économiques, le commissaire responsable des Affaires économiques et monétaires a en effet constaté, lors d'une conférence de presse, des risques plus marqués pour la croissance, anticipant même un changement dans le cycle économique. Pour son exercice intermédiaire à ses prévisions saisonnières, la Commission a revu légèrement à la baisse la progression espérée de la croissance cette année (les prévisions pour 2008 seront publiées le 9 novembre). Sur la base des activités économiques des sept principaux Etats membres de l'UE (Allemagne, France, Espagne, Italie, Pays-Bas, Pologne, Royaume-Uni, représentant plus de 80 % du PIB de l'UE), le PIB de l'UE devrait augmenter de 2,8% et celui de la zone euro de 2,5% en 2007. Il s'agit d'une « révision marginale », de 0,1 point de pourcentage par rapport aux prévisions économiques de printemps (EUROPE n° 9421), a déclaré à la presse Joaquin Almunia, qui pointe du doigt les résultats moins bons que prévu au deuxième trimestre (0,3% dans la zone euro et de 0,5% dans l'UE).

« On peut conclure que le pic du cycle est peut être derrière nous, mais nous avons toujours des possibilités pour une situation favorable lors des trimestres à venir », a observé M. Almunia, en analysant les chiffres de la croissance au second trimestre de l'année. Avec 0,3% pour la zone euro et 0,5% pour l'UE (contre 0,7% précédemment dans les deux zones), ce ralentissement a peut-être marqué un tournant qui pourrait être accentué par les récentes turbulences sur les marchés financiers. Les performances enregistrées en France, en Italie et aux Pays-Bas sont à cet égard particulièrement décevantes.

« J'insiste: les fondamentaux restent solides », a martelé le commissaire, rappelant l'importance des profits des entreprises, la bonne croissance de l'emploi et les performances satisfaisantes de l'économie mondiale. En Europe, la demande intérieure devrait rester le principal moteur de la croissance du PIB. La Commission relève aussi des signes d'amélioration sur le marché du travail (d'environ 7%, le taux de chômage est à son niveau le plus bas depuis deux décennies).

Au plan de l'inflation, le taux devrait s'élever à 2,2% dans l'UE à 27 et à 2% dans la zone euro, ce qui représente une hausse de 0,1 point de pourcentage par rapport à mai dernier. Au premier semestre de l'année, la hausse des prix était de 1,9% (conformément aux prévisions de printemps et en recul par rapport à l'année précédente), indique la Commission, qui constate néanmoins une hausse significative, de 0,3 point de pourcentage, de l'inflation de base (c'est-à-dire hors prix alimentaires et énergétiques) entre décembre 2006 et juillet 2007. Le niveau des prix devrait néanmoins rester « sous contrôle » pour la fin de l'année, ajoute-t-elle.

Allemagne. Légèrement en recul (à 2,4% en rythme annuel pour 2007, contre 2,5% selon les prévisions de printemps), l'économie allemande reste robuste, a estimé M. Almunia. Sous l'effet de la hausse de la TVA en janvier dernier, le taux d'inflation devrait atteindre 2,1% cette année (contre 1,9% précédemment).

Espagne. Toujours vive, la croissance espagnole reste inchangée par rapport à mai dernier (à 2,7% du PIB cette année). Les meilleurs résultats du premier semestre devraient compenser les risques existants pour la seconde moitié de l'année, a précisé le commissaire. L'inflation est élevée, mais elle reste quasiment la même, avec 2,5% qu'auparavant (2,4%).

France. C'est la révision à la baisse la plus importante de ces prévisions, avec une croissance annuelle de 1,9% désormais (contre 2,4% en mai encore). La décélération de l'activité au deuxième trimestre est la raison principale de ces « très mauvais chiffres », a commenté M. Almunia, qui ne souhaite pas anticiper l'impact de ces prévisions pour 2007 sur les prochains chiffres pour 2008 ni la présentation par la France d'un programme de stabilité actualisé. On peut miser sur une certaine récupération de la demande interne, mais celle-ci pousse aussi les importations à la hausse, a-t-il observé par ailleurs.

Italie. Avec 1,9% de croissance pour 2007, la performance est la même qu'en France, mais on s'y attendait et cela ne remet pas en cause l'hypothèse de correction budgétaire italienne, a souligné le commissaire. Si le pays a enregistré une croissance de seulement 0,1% au second trimestre, la confiance des entrepreneurs s'est affermie, a-t-il noté.

Pays-Bas. Les résultats du deuxième trimestre (0,2%) sont décevants, mais le commissaire s'attend à un rebond au deuxième semestre (+0,7%), ce qui permettrait tout de même d'atteindre 2,5% de croissance (en baisse de 0,3% par rapport aux prévisions de printemps). Les anticipations d'inflation passent de 1,5% à 1,7%.

Pologne. La situation est « très brillante » au plan de la croissance, puisque les prévisions ont été revues à la hausse, à 6,5%, soit 0,4 points de pourcentage de plus qu'en mai. La Commission se penchera sur la situation des finances publiques polonaises en novembre, après les élections polonaises prévues le 21 octobre, a déclaré M. Almunia.

Royaume-Uni. Les attentes sont en hausse également pour le PIB (2,9% contre 2,8% auparavant) et l'inflation britanniques (2,4% contre 2,3%) en dépit de conditions de financement plus contraignantes. (ab)

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