Bruxelles, 11/09/2007 (Agence Europe) - Si les dirigeants de la Bosnie-Herzégovine ne parviennent pas à s'entendre sur une réforme de la police d'ici la fin de septembre, « cela voudrait dire que le pays n'est pas réellement engagé en faveur d'une intégration », a réaffirmé, mardi 11 septembre, le Représentant de l'UE pour la Bosnie-Herzégovine, le Slovaque Miroslav Lajcak. Dans ce cas, le pays devra s'attendre à des « conséquences négatives » pour son processus d'intégration européenne. « Il n'y aura pas de « business as usual ». L'Union européenne réagira », a-t-il dit devant un petit groupe de journalistes, sans vouloir être plus précis. Les négociations en cours sur un Accord de Stabilisation et d'Association (ASA) pourraient être suspendues, comme l'avait laissé entendre le commissaire Olli Rehn dès le 31 août. L'échéance de fin septembre s'explique par le fait qu'à partir de début octobre, la Commission européenne mettra la dernière main aux rapports annuels de progrès sur les pays des Balkans occidentaux, attendus pour fin octobre/début novembre. En cas d'échec de la réforme de police en Bosnie-Herzégovine, le rapport de la Commission pourrait recommander la suspension des pourparlers. Dans ce cas, le pays « perdrait le contact » avec les autres pays de la région qui, comme la Serbie ou le Monténégro, sont sur le point de conclure leur ASA, a mis en garde M. Lajcak: « Le pays serait alors isolé dans la région ».
L'ASA est une étape indispensable à franchir par tous les pays des Balkans sur leur chemin vers le statut de pays candidat à l'adhésion à l'UE. Les négociations techniques sur cet accord sont achevées, mais la Bosnie doit encore remplir une dernière condition avant la signature: la réforme de sa police. Miroslav Lajcak a présenté aux responsables des deux entités du pays, la Fédération de Bosnie-Herzégovine et la Republika Srpska, une proposition de compromis qui a reçu lundi le « plein soutien » du Commissaire Olli Rehn qui a eu un échange de vues avec M. Lajcak à Bruxelles. Les pourparlers sur cette proposition commencent ce mercredi à Sarajevo, malgré son rejet initial par les deux parties (EUROPE n° 9492 et 9495). Les dirigeants de la Fédération et de la Republika Srpska sont prêts à en parler, ce qui est déjà un petit succès, « mais je ne connais pas leur degré d'engagement » en faveur d'une solution, a dit le représentant de l'UE. Le nœud de la difficulté est que les différents protagonistes veulent traiter de tous les problèmes non résolus datant de la guerre (y compris celles relatives aux responsabilités pour le génocide et la réforme de la Constitution, qui est encore celle des accords de Dayton) à travers la réforme de police. Or, pour l'UE, la réforme de la police est une « question technique » qui doit être traitée séparément des autres questions très sensibles. La réforme de la police est urgente et prioritaire, car elle bloque tout le processus d'intégration européenne du pays, et c'est ensuite que les autres questions devront être résolues, a dit M. Lajcak. Sa proposition ne prévoit qu'un seul organe de police pour toute la Bosnie-Herzégovine, au lieu des deux entités qui existent actuellement. (hb)