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Bulletin Quotidien Europe N° 9499
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Prudence dans l'analyse et les réactions à la crise financière actuelle, plaident MM. Almunia et Trichet

Bruxelles, 11/09/2007 (Agence Europe) - Invités à débattre avec les membres de la commission parlementaire des Affaires économiques et monétaires de l'instabilité actuelle sur les marchés financiers, Jean-Claude Trichet et Joaquin Almunia ont souhaité, mardi 11 septembre, améliorer la transparence des marchés financiers et restaurer la confiance des acteurs économiques. Chacun a fait preuve de prudence, appelant à réfléchir avant d'agir.

Confirmant l'analyse faite lors de la présentation des derniers chiffres de la croissance en Europe (voir nouvelle précédente), M. Almunia s'est voulu optimiste pour l'année en cours, tout en reconnaissant l'incertitude actuelle. « Même si d'après ces prévisions le pic de reprise est derrière nous, la situation continue à être favorable grâce à des fondamentaux solides », a répété le commissaire. Selon les prévisions intermédiaires de la Commission, le scénario global pour 2007 n'a pas vraiment changé, mais les turbulences qui ont agité les marchés financiers augmentent en effet les risques qui pèsent sur ces chiffres et plus encore ceux de l'année prochaine.

Comme la semaine derrière en plénière (EUROPE n° 9495), le commissaire a insisté sur l'importance de la confiance des consommateurs et des investisseurs, qui, si elle n'était pas restaurée, aurait des conséquences négatives pour l'activité économique européenne. Il est néanmoins encore « un peu tôt pour tirer des conclusions définitives » sur l'impact des perturbations provoquées par le marché hypothécaire à risque et il ne faut « pas réagir de manière hâtive » par trop de réglementation, a déclaré M. Almunia. L'Europe doit éviter le « risque d'une erreur du type Sarbanes-Oxley », du nom des promoteurs américains d'une législation fédérale adoptée après les scandales financiers comme Enron et qui ont durci les obligations comptables et financières des entreprises, a-t-il renchéri.

« La confiance et la transparence sont à la base de notre analyse de la situation actuelle », a ensuite convenu le président de la Banque centrale européenne (BCE). Pour M. Trichet nous faisons actuellement face à un paradoxe, puisqu'un grand nombre d'avoirs de bonne qualité sont désormais considérés, à tort, comme peu intéressants par les investisseurs. « Nous devons améliorer la situation, mais donnons nous le temps de la réflexion », plaide-t-il, car « l'épisode de correction des marchés » n'est pas encore totalement derrière nous. Et de préciser: « Nous sommes actuellement dans une phase de correction qui, comme souvent dans ces situations, comprend des épisodes de comportement mouvementé, des niveaux élevés de volatilité et des éléments d'exagération ».

Pas de réaction précipitée dans ce contexte, a-t-il donc insisté, pointant du doigt certains secteurs à problèmes, comme les agences de notation, insistant sur l'amélioration de la surveillance des marchés et réclamant l'application rapide de ce qui fait déjà l'objet d'un consensus. L'industrie des hedge funds doit ainsi pouvoir travailler volontairement sur la meilleure conduite à suivre, a souligné M. Trichet, se référant aux conclusions du Financial Stability Forum dans lesquelles « nous leur demandons de travailler eux-mêmes sur leurs benchmarks». S'il appelle à ne « pas perdre de temps dans tous ces domaines », il juge qu'avant d'aller plus loin, il faut d'abord montrer que ce qu'on a déjà décidé ne peut être mis en œuvre.

Les risques sont toutefois inhérents. « Dans une économie de marché, on prend des risques ; quand on prend des mauvais risques, on est puni », a martelé le Président de la BCE, qui assure: « La BCE ne va dédouaner personne ». Expliquant que les interventions de la BCE ont consisté à prêter plusieurs milliards d'euros, mais avec un taux d'intérêt, il a rappelé que l'argent injecté ne vise pas à récompenser un mauvais comportement, mais à empêcher que ceux qui se sont bien comporter ne paient le prix des erreurs des autres.

La stabilité des prix d'une part et, d'autre part, le bon fonctionnement des marchés financiers et du marché monétaire en particulier sont deux responsabilités que la BCE doit assumer sans les mélanger et sans en sacrifier l'une sur l'autel de l'autre, a par ailleurs souligné M. Trichet, pour rappeler sa liberté à agir sur les taux d'intérêt. « Des risques à la hausse continuent de peser sur les perspectives de stabilité des prix à moyen terme », a-t-il ainsi précisé, en revenant sur la récente décision de politique monétaire du Conseil des gouverneurs (EUROPE n° 9496). (ab)

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