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Bulletin Quotidien Europe N° 9497
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/droits de l'homme

Les députés sont très inquiets pour les droits de l'Homme en Birmanie, au Bangladesh et en Sierra Leone

Strasbourg, 07/09/2007 (Agence Europe) - Au travers de trois résolutions adoptées, jeudi, 6 septembre à Strasbourg, le Parlement européen condamne la répression militaire survenue une nouvelle fois au cours de cet été en Birmanie, presse le gouvernement du Bangladesh d'accélérer la restauration de la démocratie, et appelle la communauté internationale à continuer de garantir le financement du tribunal spécial mis en place au Sierra Leone pour juger les crimes de guerre.

Birmanie: le Parlement a adopté une résolution dans laquelle il demande notamment aux gouvernements du Royaume-Uni, de France, de Belgique, d'Italie et de Slovaquie, qui sont tous membres du Conseil de sécurité, de consentir un effort concerté pour proposer et faire adopter une résolution contraignante à l'ONU concernant la Birmanie. Les députés déplorent notamment la manière dont une centaine de défenseurs des droits de l'Homme et manifestants pacifiques ont été arrêtés directement après les manifestations relatives à l'augmentation du prix du carburant le 15 août (hausse évaluée à 500%). Dans le même temps, ils réclament la libération « immédiate et sans condition » de toutes les personnes arrêtées depuis le début des manifestations, tout comme la libération « immédiate et inconditionnelle » d'Aung San Suu Kyi. Ils expriment aussi leurs vives inquiétudes face au renforcement de la présence militaire à Rangoon ainsi qu'aux attaques violentes perpétrées par les forces de sécurité et certaines organisations civiles. Par conséquent, les députés demandent instamment à la Chine et à l'Inde ainsi qu'à la Russie d'user de l'influence économique et politique considérable dont elles disposent auprès du régime birman pour susciter des améliorations sensibles dans le pays, mais aussi pour qu'elles cessent de fournir des armes ou d'autres ressources stratégiques. Ils en appellent de nouveau aux entreprises qui investissent en Birmanie de veiller, dans le contexte de la réalisation de leurs projets, à suspendre leurs activités en Birmanie si des violations des droits de l'Homme sont perpétrées. Malgré le renouvellement des sanctions ciblées de l'UE, et compte tenu de leur peu d'effets, ils demandent au Conseil d'analyser les lacunes de l'actuel régime de sanctions et d'instaurer d'autres mesures pour plus d'efficacité. Ils invitent aussi les ministres des Affaires étrangères des Etats membres à examiner des mesures tendant à renforcer la position commune de l'UE sur la Birmanie.

Bangladesh: dans sa résolution, le Parlement presse le gouvernement d'agir conformément à l'Etat de droit et demandent une accélération du processus de restauration de la démocratie. Après que l'état d'urgence ait été décrété le 11 janvier 2007 et le report des élections législatives, le gouvernement en place a introduit des mesures pour lutter contre la corruption, notamment l'interdiction de toute activité politique et la détention de plus de 160 responsables politiques, incluant trois anciens Premiers ministres, et de 100.000 civils, regrettent les députés. Ils se disent profondément préoccupés par la réaction disproportionnée de l'armée et de la police contre les manifestations étudiantes qui ont éclaté à la fin du mois d'août 2007 à l'Université de Dacca. Les parlementaires s'estiment gravement préoccupés par l'arrestation controversée et la détention arbitraire en cours du président de la Awami League, Sheikh Hasina, arrêté en juillet et de la présidente du Parti nationaliste bangladais (BNP) Khaleda Zia. Ils demandent en particulier aux autorités du Bangladesh de mener le procès de manière transparente et selon les règles de droit et de permettre l'accès des observateurs internationaux à tous les tribunaux. Les députés demandent au gouvernement d'accélérer les préparatifs de nouvelles élections et à l'UE d'accorder son soutien technique aux autorités pour l'organisation des élections. Ils veulent notamment que la mission d'observation des élections de l'UE reprenne ses activités à long terme dès que possible et demandent aussi au Conseil et à la Commission de surveiller scrupuleusement les droits de l'Homme et la situation politique au Bangladesh et d'adresser des protestations officielles sur le recours continu à l'état d'urgence.

Sierra Leone: dans une résolution adoptée par 69 voix pour, 0 contre et une abstention, le Parlement déclare craindre que les fonds disponibles ne suffisent pas à donner au Tribunal spécial pour le Sierra Leone un environnement de travail décent, en particulier que la lutte contre l'impunité en soit entravée, mais que surtout le procès de Charles Taylor soit compromis conduisant ainsi à l'échec du processus de réconciliation et d'instauration d'une paix durable en Sierra Leone et dans l'ensemble de l'Afrique de l'ouest. Ce Tribunal a été établi conjointement par l'ONU et par le gouvernement sierra-léonais en 2002, à l'issue d'une sanglante guerre civile longue de plus de 10 ans. Les députés préviennent que si l'on n'apporte pas au Tribunal spécial l'aide financière dont il a besoin, les efforts déployés par la communauté internationale pour contribuer à instaurer la paix en Sierra Leone et pour punir les crimes commis pendant la guerre seront « totalement décrédibilisés ». Les parlementaires appellent par conséquent tous les pays, y compris les Etats membres de l'UE, à continuer à verser une contribution au Tribunal spécial pour le Sierra Leone pour que celui-ci puisse mener à bonne fin ses travaux. Ils invitent enfin le secrétaire général de l'ONU, en consultation avec le Conseil de sécurité de l'ONU, à examiner tous les mécanismes de financement possibles pour permettre au Tribunal spécial de mener à bien ses fonctions essentielles. (bc)

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