Paris, 07/09/2007 (Agence Europe) - Michel Rocard, eurodéputé socialiste français, a annoncé vendredi matin 7 septembre, sur France Inter, qu'il a décliné la mission que voulait lui confier la président Nicolas Sarkozy pour construire « l'Union Méditerranéenne », à savoir la présidence d'une « Commission méditerranéenne ». Cette « Union » des pays du pourtour méditerranéen, de la rive européenne ou du Sud et de l'Est a été proposée par Nicolas Sarkozy lors de sa candidature à la présidence de la République. L'initiative se heurte à de fortes réticences au niveau communautaire européen, en particulier au Parlement européen (voir EUROPE du 05/07/2007). Elle est cependant soutenue, avec quelques nuances parfois, par les Etats membres riverains (Espagne, Malte et Italie) qui renforcent leur coopération spécifique au sein de l'UE (voir EUROPE du 10/07/2007). Le risque d'un double emploi avec le processus de Barcelone et avec la politique de « voisinage », et d'une exclusion des Etats membres non riverains du dialogue avec la Méditerranée, motive ce rejet.
M. Rocard a précisé: « Le président m'a téléphoné pour me proposer la présidence d'une Commission Méditerranée (...) j'ai été conduit à regarder ce que voulait dire (cette désignation) ; la manière dont les choses démarrent (comporte) le risque d'un conflit avec les institutions européennes ». Cette méthode est, a-t-il estimé, « dommageable et en tout cas paralysante et j'ai suggéré au président de s'y prendre autrement, de ménager des étapes en négociant d'abord avec les institutions européennes. Le président n'a pas souhaité » cette manière de faire. « Ce sera quelqu'un d'autre » qui présidera la Commission, a-t-il conclu sans dévoiler plus avant le contenu et la méthode dans la proposition qui lui a été faite. (fb)