Bruxelles, 07/09/2007 (Agence Europe) - Satisfait de la décision de la Banque centrale européenne (BCE), qui a maintenu les taux d'intérêt de la zone euro, le président français, Nicolas Sarkozy, a estimé jeudi 6 septembre que le débat sur la politique monétaire, qu'il alimente très régulièrement, commençait à porter ses fruits. Une approche que ne partage pas le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, qui a déploré ces commentaires et les pressions de Paris sur la BCE. « Cette façon selon laquelle certains Français pensent que la Banque centrale européenne devrait être à leurs ordres pourrait finir par fragiliser le système (...), ce qui n'est dans l'intérêt de personne », a déclaré M. Juncker lors d'une conférence devant des entrepreneurs belges, vendredi 7 septembre. « Si certains leaders (…) déclarent que le fait que la banque n'a pas augmenté les taux comme envisagé initialement est dû à leur influence, ce n'est pas un comportement vertueux, ce n'est pas noble, ce n'est pas correct et c'est risqué », a renchéri le Premier ministre et ministre de l'Economie luxembourgeois.
« Tout le monde sait que nous sommes violemment indépendants », avait martelé le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, lors de la conférence de presse qui avait suivi la réunion du Conseil des gouverneurs (EUROPE n° 9496). La décision unanime est le fruit de « notre propre analyse » et si les commentaires de la sphère politique devaient avoir une influence, celle-ci serait plutôt « dans la direction inverse », avait-il ajouté avec fermeté. (ab)