Bruxelles, 12/07/2007 (Agence Europe) - Suite à l'adoption par la Commission européenne du Livre blanc, le député belge Ivo Belet (PPE-DE), rapporteur sur l'avenir du football professionnel, reste partagé quant à la qualité du document (voir EUROPE d'hier et n° 9398). Si celui-ci contient des éléments positifs, il manque toutefois « d'ambition et de courage » et ne répond pas de manière satisfaisante aux attentes du Parlement européen en la matière. La Commission reconnaît la spécificité du sport mais ne dresse pas la conclusion qui s'impose à savoir que les règles relatives au marché intérieur et à la concurrence ne peuvent s'appliquer telles quelles à ce secteur particulier, souligne-t-il. Parmi les points positifs, M.Belet constate avec satisfaction que la Commission est favorable à la « home-grown rule » qui permet à l'UEFA et aux ligues de football nationales d'exiger que les équipes aient en leur sein un minimum de joueurs locaux, qu'elle soutient les systèmes de licence dans le football, et veut redoubler d'efforts pour lutter contre le trafic des êtres humains, le racisme et le dopage. Le député déplore, par contre, qu'elle ne fasse pas davantage le ménage dans les pratiques relatives aux agents de joueurs, se contentant de recommander une étude sur le sujet. « Une occasion manquée, surtout que le football a souffert récemment de plusieurs scandales impliquant des agents de joueurs », souligne-t-il. Ivo Belet regrette également que la Commission ne donne pas plus d'importance à la solidarité dans le sport. Le PE avait en effet suggéré un signal clair en matière de droits de retransmission télévisée: « La course financière qui creuse le fossé entre les grands clubs riches et les petits qui n'ont que peu de moyens doit cesser. Et cela ne peut se faire qu'en optant pour une vente collective des droits (de retransmission télévisuelle) », commente le député. En conclusion, il espère que le Livre blanc n'est qu'un premier pas vers plus de solidarité et que le sport, qui doit figurer dans le nouveau traité réformé, fera l'objet d'une plus grande attention dans le futur. « Les fans de sports ne veulent pas que leur sport soit anéanti par des intérêts purement commerciaux ».
Dans un communiqué, le conservateur britannique Chris Heaton-Harris est plus sévère, estimant que le Livre blanc paraît « au mauvais moment et dans un mauvais contexte ». Selon le député, le sport ne devrait pas figurer dans le traité réformé mais puisqu'il le sera, le Livre blanc devrait reconsidérer ses conclusions et la Commission se remettre à consulter. « Le monde du sport s'inquiète maintenant de ce que le Livre blanc manque de substance sur certains points et reste trop vague sur d'autres. La politique ne devrait pas intervenir dans le sport mais puisque l'Union européenne semble être déterminée à le faire, il est essentiel que les organisations sportives soient impliquées à tous les niveaux », a-t-il précisé. (il)