Bruxelles, 06/06/2007 (Agence Europe) - Réunis mardi à Berlin dans le cadre du Sommet annuel UE/Japon, dirigeants européens et japonais ont confirmé l'importance d'une coopération bilatérale étroite dans les domaines politique et économique entre les Vingt-sept et l'archipel nippon. Outre l'adoption d'un plan d'action conjoint sur la propriété intellectuelle, c'est surtout le consensus entre les parties en matière climatique qui, à la veille du sommet du G8 d'Heiligendamm, constitue l'avancée majeure du sommet.
Climat et sécurité énergétique. A l'issue du sommet, la chancelière allemande et présidente du Conseil Angela Merkel s'est félicitée du « large consensus » dans le domaine de la politique climatique partagé avec le chef de gouvernement japonais, Shinzo Abe, en citant trois points de convergence à cet égard: la prise de conscience que le changement climatique est principalement causé par l'homme, la nécessité de fixer des objectifs durables de réduction des émissions de gaz à effet de serre qui incluent de plus en plus de pays et qui soient de nature contraignante ainsi que la nécessité de fixer de tels objectifs dans le cadre de l'ONU.
Etant parvenus à « un accord commun sur la nécessité d'entreprendre une action forte et urgente pour stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère (…), Européens et Japonais s'engagent à prendre le leadership pour l'élaboration d'un accord-cadre post Kyoto équitable, souple et cohérent et qui garantisse la participation de tous les pays émetteurs majeurs », souligne la déclaration conjointe qui précise que la conférence de l'ONU sur le changement climatique à Bali en décembre prochain « aura une importance cruciale à cet égard » et que les négociations pour l'accord-cadre devront être achevées au plus tard en 2012 « pour éviter un vide » après cette date. Les parties se disent en outre « unies sur l'idée qu'un objectif de long terme de réduction des émissions de 50% d'ici 2050 doit être fixé ». Soulignant que les efforts des pays développés ne seront pas suffisants à cet égard, les parties jugent en outre que « de nouvelles approches envisageant des contributions équitables d'autres pays sont nécessaires ». Enfin, dirigeants européens et japonais soulignent le rôle crucial du G8 pour engager de manière constructive des travaux avec les pays consommateurs d'énergie et émetteurs clés dans le cadre de l'ONU pour la conclusion d'un tel accord. A cette fin, les parties rappellent l'importance de développer et de transférer les technologies, d'améliorer l'efficacité énergétique et de promouvoir l'utilisation d'instruments de marché comme les systèmes d'échange de quotas d'émission, la réglementation et l'étiquetage basés sur les performances énergétiques.
Les parties affirment par ailleurs qu'elles vont renforcer leur coopération pour la sécurité énergétique dans les domaines suivants: transparence, prédictabilité et stabilité des marchés globaux ; amélioration du climat d'investissement dans les secteurs de l'énergie ; efficacité énergétique ; diversification des bouquets énergétiques ; sécurité des infrastructures énergétiques ; réduction de la pauvreté énergétique ; utilisation accrue des carburants non fossiles et de technologies énergétiques propres, des énergies renouvelables et de l'énergie nucléaire pour ceux qui ont décidé de recourir à cette option.
Questions internationales. La déclaration conjointe mentionne les questions internationales traditionnellement abordées lors des sommets UE/Japon (sécurité et coopération régionale dans la région Asie-Pacifique, relations Japon/Chine, pourparlers à Six sur la question nucléaire nord-coréenne, Afghanistan, Moyen-Orient…) avec un accent particulier sur l'engagement conjoint des parties à coopérer pour contribuer à la stabilisation de l'Asie centrale, pour promouvoir le développement durable et contribuer à la réalisation des objectifs du Millénaire et pour œuvrer en faveur d'un accord équilibré concluant le round de Doha.
Relations économiques. Les adoptions d'un document annexe à la déclaration conjointe consacré à la promotion de la recherche et de l'innovation et d'un Plan d'action conjoint sur la protection des droits de la propriété intellectuelle (DPI) constituent les principales avancées du sommet en matière économique.
Visant à identifier les domaines où les parties doivent renforcer leur coopération, le document conjoint sur la promotion de la R&D et de l'innovation mentionne les échanges de chercheurs, le projet ITER, le soutien et la coopération avec les initiatives du secteur privé, la coopération réglementaire, une série d'initiatives sectorielles (sciences de la vie et biotechnologie, TIC et technologies énergétiques) et la protection des DPI.
Mettant à jour et renforçant l'Initiative conjointe sur les DPI déjà en place, le Plan d'action conjoint sur les DPI repose sur la création et la mise en œuvre de plusieurs initiatives conjointes (création de réseaux d'information bilatéraux sur la protection des DPI dans les pays tiers, soutien aux PME, renforcement de la coopération douanière, discussions sur les procédures d'infraction contre la contrefaçon et la sensibilisation des pays tiers, coopération sur les indications géographiques et assistance technique aux pays tiers) et des initiatives conjointes pour renforcer le cadre multilatéral contre le piratage et la contrefaçon.
Enfin, dans la perspective de faciliter les échanges commerciaux bilatéraux, Européens et Japonais ont paraphé l'accord bilatéral de coopération douanière qui vise à simplifier et à harmoniser les procédures douanières pour les opérateurs fiables ainsi qu'à fournir les moyens nécessaires à la lutte contre la fraude douanière et à l'échange d'informations sur les questions d'assistance mutuelle. Les parties ont convenu de prendre les mesures nécessaires en vue d'une signature officielle de l'accord dans les mois à venir. (eh)