Bruxelles, 06/06/2007 (Agence Europe) - La Commission européenne a autorisé, lundi 4 juin, le projet d'acquisition de First Choice, une société britannique prestataire de services de voyage, par TUI, société mère du groupe allemand TUI, présente dans le tourisme et les services de transport maritime. La décision de la Commission est subordonnée à la cession, par TUI, de sa société irlandaise opérant sous la marque « Budget Travel ».
Le projet de reprise pourrait entraîner des chevauchements horizontaux, notamment dans l'offre de vacances à forfait, au Royaume-Uni et en Irlande, entre autres. Les marchés britanniques et irlandais sont caractérisés par des voyagistes intégrés verticalement (Thomas Cook/MyTravel, TUI et First Choice), un grand nombre de voyagistes indépendants de taille plus modeste et quelques opérateurs de taille moyenne, comme Virgin Travel et Kuoni, qui proposent des vacances à forfait vers des destinations lointaines.
La Commission a conclu que l'opération envisagée, telle qu'elle a été initialement notifiée, soulèverait de graves problèmes de concurrence en Irlande, où les parties constitueraient de loin le premier voyagiste pour les vacances à forfait vers des destinations proches, en contrôlant plus de 50 % du marché, et posséderaient le plus vaste réseau d'agences de voyages du pays. Afin d'apaiser les craintes de la Commission, TUI a proposé de céder sa société irlandaise «Budget Travel».
Pour ce qui est du Royaume-Uni, les enquêtes récentes ont montré que la disponibilité accrue d'accès aux services de voyage par Internet et l'expansion des compagnies aériennes à bas prix ont diminué l'emprise des agences de voyages sur le marché, ce qui représente un changement sensible du secteur depuis l'enquête approfondie effectuée en 1999 dans le cadre de l'affaire Airtours/First Choice (dont la décision avait ensuite été annulée par le Tribunal de première instance, le 6 juin 2002 ; voir EUROPE n° 8227). L'enquête de la Commission a montré que, dans ce contexte, TUI et First Choice ne devraient pas être en mesure d'augmenter leurs prix de façon autonome grâce au projet de concentration. Elles devraient notamment continuer à subir la concurrence de Thomas Cook/MyTravel, ainsi que de nombreux petits organisateurs de vacances à forfait.
La Commission a également apprécié les effets de l'opération envisagée sur les marchés de l'organisation de voyages et des services d'agences de voyages en France, aux Pays-Bas, en Autriche et en Allemagne, ainsi que sur le marché des croisières au Royaume-Uni et en Irlande. Elle a, toutefois, conclu que le projet d'acquisition n'aurait pas pour effet d'entraver sensiblement la concurrence, compte tenu de la position des parties sur ces différents marchés et de la présence de concurrents efficaces. (cd)