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Bulletin Quotidien Europe N° 9440
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La BCE augmente ses taux et juge sa politique monétaire plutôt accommodante

Bruxelles, 06/06/2007 (Agence Europe) - La Banque centrale européenne (BCE) a relevé mercredi les taux d'intérêt de la zone euro, portant, à partir du 13 juin prochain, le taux de soumission principal appliqué aux opérations de refinancement à 4%. Les taux d'intérêt de la facilité de prêt marginal et celui de la facilité de dépôt atteignent désormais respectivement 5% et 3%. Cette hausse de 25 points de base, la huitième depuis décembre 2005, était attendue. D'après la terminologie employée devant la presse par Jean-Claude Trichet, elle ne devrait pas être la dernière, même si le calendrier reste flou.

La décision de mercredi s'explique par des risques pour la stabilité des prix toujours à la hausse, dans un contexte de croissance économique solide et de « conditions de financement favorables », a expliqué le Président de la BCE à l'issue de la réunion du Conseil des gouverneurs. Après cet ajustement, la politique monétaire est toujours « du côté accommodant », a immédiatement souligné M. Trichet, qui n'a toutefois plus qualifié les taux directeurs actuels de « modérés », comme il l'avait encore fait en mai. Cela laisse planer un doute sur l'échéance d'un futur resserrement monétaire, que de nombreux acteurs du marché anticipaient jusqu'à présent pour septembre. De même, M. Trichet n'envisage pas non plus à ce stade de conférence de presse pour le mois d'août. Ce n'est certes pas prévu à cette période de l'année, mais l'institution de Francfort utilise en général cet exercice pour soigneusement informer les marchés de ses intentions pour la réunion du mois suivant. Se refusant à donner plus de précisions, M. Trichet entend quoi qu'il en soit « agir à temps et fermement pour assurer la stabilité des prix » et « suivre de près » tous les développements à venir.

L'économie de la zone euro poursuit son expansion à un rythme « significativement plus soutenu » qu'escompté il y a un an et les enquêtes de confiance laissent croire que la croissance solide s'est poursuivie au deuxième trimestre (après 0,6% au premier trimestre de l'année), a déclaré M. Trichet. L'activité économique mondiale, plus équilibrée géographiquement, reste favorable aux exportations de la zone euro, qui devrait conserver une dynamique relativement forte de sa demande intérieure et des investissements. La consommation devrait également être soutenue par l'évolution du revenu disponible, compte tenu de l'amélioration des conditions du marché du travail. Les services de la BCE ont ainsi revu légèrement à la hausse leurs projections de croissance de la zone euro pour l'année en cours (entre 2,3% et 2,9%), mais ont modéré leurs attentes 2008 (entre 1,8% et 2,8%) suite aux hausses des prix pétroliers ces derniers mois (à nouveau autour de 70 dollars le baril). A court terme, les risques sont globalement équilibrés, mais restent orientés à la baisse à moyen et plus long terme, a aussi jugé M. Trichet, citant l'évolution des prix du brut, le développement désordonné des déséquilibres mondiaux, d'éventuelles mesures protectionnistes et un changement des attentes des marchés financiers, comme les principaux risques.

Si, en mai, l'inflation est restée inchangée par rapport à avril (à 1,9%), le profil des taux est influencé par l'évolution actuelle et passée des prix du pétrole. Le niveau des prix devrait baisser quelque peu dans les mois à venir, « avant de remonter de manière significative vers la fin de l'année », a insisté M. Trichet, annonçant que les services de la BCE tablent désormais sur un taux d'inflation oscillant entre 1,8% et 2,2% en 2007 et entre 1,4% et 2,6% en 2008 (contre des fourchettes de respectivement 1,5% et 2,1% et également 1,4% et 2,6% dans leurs prévisions de mars). A moyen terme, les risques demeurent à la hausse, a-t-il indiqué, jugeant notamment qu'une évolution salariale plus forte que prévu créerait des « risques haussiers significatifs » pour les prix. Il est essentiel que les accords salariaux soient « suffisamment différenciés pour tenir compte des positions de compétitivité de prix différentes, du toujours haut niveau du chômage dans de nombreuses économies et des évolutions de la productivité par secteur spécifique ». (ab)

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