Bruxelles, 02/05/2007 (Agence Europe) - Au plan politique le Sommet de Washington entre l'UE et les Etats-Unis (voir aussi pages 7/8) a été l'occasion d'un vaste tour d'horizon des questions internationales pour lesquelles les deux partenaires s'investissent. Outre certains pays du voisinage de l'UE, d'autres du Moyen-Orient, d'Afrique ou d'Amérique latine, la déclaration intitulée « Promouvoir la paix, les droits de l'Homme et la démocratie dans le monde » passe aussi en revue une série de thèmes horizontaux: le multilatéralisme, la lutte contre le terrorisme et son financement, le trafic de drogue et le crime organisé, la non prolifération ou les grandes pandémies. Lundi, l'UE et les Etats-Unis se sont timidement engagés à travailler en vue d'un régime de déplacement sans visas pour tous les citoyens américains et européens, « en créant les conditions grâce auxquelles le programme américain d'exemption de visas (« Visa Waiver Program ») pourra être étendu ». Douze Etats membres de l'UE étant toujours exclus de ce programme, leurs ressortissants restent actuellement soumis à une obligation de visa pour les Etats-Unis.
Sur les Balkans occidentaux, le plus urgent est de définir le statut futur du Kosovo. « Nous soutenons les efforts de l'envoyé spécial de l'ONU Martti Ahtisaari et pensons que sa proposition complète (…) crée la base pour une nouvelle résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies », indique la déclaration adoptée lundi. « Nous pressons le Conseil de sécurité d'adopter une telle résolution de façon opportune », ajoute ce texte, en rappelant qu'il s'agit d'un « cas unique » qui n'établit aucun précédent international. Avec leurs regards tournés un peu plus à l'est, Européens et Américains appellent l'Ukraine, la Moldova, la Géorgie, l'Arménie, l'Azerbaïdjan et les pays d'Asie centrale à promouvoir la démocratie, l'Etat de droit et le développement économique. Si ces préalables sont respectés, ils se disent aussi « ouverts » à des relations bilatérales avec le Belarus, mais souhaitent la libération immédiate des prisonniers politiques toujours détenus. De même, une Russie « stable, prospère et démocratique » reste dans l'intérêt de tous et nous continuerons à travailler ensemble, notamment pour la non prolifération, le contre-terrorisme, la sécurité énergétique et les questions régionales, comme la résolution des conflits gelés, confirment-ils. Une présence internationale militaire est toujours « nécessaire » en Afghanistan et nous devons soutenir la mission sur place de l'OTAN, mais aussi la reconstruction d'infrastructures et la formation de la police et de magistrats, ajoute la déclaration.
Le respect des principes établis par le Quartette (renonciation à la violence, reconnaissance d'Israël et acceptation des accords passés) ne sera pas seulement évalué sur base de la composition et du programme du gouvernement palestinien, mais aussi en fonction de ses actes, réaffirment aussi les deux partenaires, qui continueront à travailler au développement d'un mécanisme de soutien international aux Palestiniens. Plaidant pour un Liban souverain et indépendant, ils rappellent leur inquiétude quant au rôle de la Syrie dans la région et demandent à Damas de s'abstenir de toute interférence dans les affaires intérieures de son voisin libanais et plus généralement en Irak et dans les territoires palestiniens. « Notre approche sera basée sur des avancées concrètes sur tous ces fronts, y compris une pleine coopération des autorités syriennes avec le Tribunal spécial pour le Liban lorsqu'il sera établi », souligne leur déclaration. Egalement préoccupés par les « effets négatifs » du rôle joué par Téhéran dans la région, son soutien à des organisations terroristes et la situation des droits de l'Homme dans le pays, l'UE et les Etats-Unis appellent une fois de plus l'Iran à se conformer aux résolutions de l'ONU sur le dossier nucléaire. En Irak, nous continuerons à soutenir le gouvernement démocratiquement élu, ainsi qu'à renforcer le rôle des institutions multilatérales de développement ou la présence diplomatique dans le pays, précisent-ils notamment.
Le moment est venu d'agir immédiatement pour stopper les combats et les souffrances de la population au Darfour et pour trouver une solution politique au conflit, déclarent Européens et Américains, qui soutiennent les efforts en faveur du déploiement d'une mission hybride de maintien de la paix. Prenant ensuite acte de l'acceptation par les autorités soudanaises d'un soutien renforcé de l'ONU (« heavy support package ») aux soldats de la paix de l'Union africaine au Soudan (AMIS), ils en appellent à sa mise en en oeuvre « expéditive ». Si tel n'était pas le cas de nouvelles sanctions à l'ONU se profileraient, insistent Européens et Américains, qui sont aussi préoccupés par la situation en Somalie, où ils réclament la mise en place immédiate d'un cessez le feu.
Plus générale, la partie consacrée à l'Amérique latine et aux pays des Caraïbes met l'accent sur l'importance d'une bonne gouvernance, de l'éducation, des soins de santé ou du logement, ainsi que sur le respect de droits de l'Homme ou de la liberté d'expression, avec une mention particulière sur Cuba. (ab)