Bruxelles, 02/05/2007 (Agence Europe) - Les tensions des derniers jours entre l'Estonie et la Russie sur l'affaire du déplacement du monument soviétique (« soldat de bronze ») à Tallinn ont pris mardi une dimension européenne quant le ministre des Affaires étrangères d'Estonie, Urmas Paet, a affirmé que « l'Union européenne est attaquée, parce que la Russie attaque l'Estonie » et qu'il a lancé un appel pour que les Vingt-sept prennent des mesures « fermes » contre Moscou, y compris le report du Sommet UE/Russie prévu le18 mai prochain à Samara (Russie). Le ministre estonien a aussi laissé entendre que son pays pourrait bloquer l'ouverture des négociations pour un nouvel accord de partenariat avec la Russie (des négociations déjà bloquées par la Pologne en raison de l'embargo russe contre les viandes polonaises). « Le problème du soldat de bronze et d'actes de vandalisme à Tallinn est un problème estonien. Mais l'action coordonnée de la Russie contre l'Estonie constitue un problème pour toute l'Union européenne. Les relations UE/Russie sont donc entrées dans une situation très compliquée », a affirme M. Paet dans une déclaration écrite publiée le 1er mai. L'Estonie accuse l'ambassade russe à Tallinn d'avoir orchestré les manifestations pro-russes et même d'avoir essayé de paralyser les sites internet du gouvernement et du Président estonien. Tallinn accuse aussi Moscou d' « interférence » dans les affaires intérieures estoniennes, étant donné qu'une délégation parlementaire de la Douma, qui avait été dépêchée à Tallinn après les émeutes de la semaine dernière (au cours desquelles un citoyen russe avait trouvé la mort), a appelé le Premier ministre estonien Andrus Ansip à démissionner en raison du déplacement de la statue soviétique. Mercredi, des violentes protestations russes ont eu lieu autour de l'ambassade d'Estonie à Moscou. Les « attaques » russes contre l'Estonie sont « virtuelles, psychologiques et réelles », explique le ministre estonien des Affaires étrangères Urmas Paet dans sa déclaration du 1er mai.
L'Estonie demande donc que l'Union européenne agisse « avec la plus grande fermeté » contre l'attitude de Moscou. « Cela pourrait aboutir au report ou à l'annulation des négociations entre l'Union européenne et la Russie » sur un nouvel accord de partenariat, a dit le ministre estonien qui estime aussi que l'Union devrait « envisager sérieusement » le report du Sommet UE/Russie prévu pour le 18 mai à Samara (Russie).
Mercredi, l'Union européenne a annoncé une « démarche diplomatique » pour protester contre les dérapages autour de l'ambassade d'Estonie à Moscou, mais elle continue à affirmer que l'affaire du déplacement du monument soviétique à Tallinn est une affaire bilatérale entre les deux pays. « Nous partageons les préoccupations (de l'Estonie) sur la montée de la violence » dans les rues de Tallinn et autour de l'ambassade d'Estonie à Moscou et « nous lançons un appel pressant » aux autorités russes pour qu'elles respectent leurs obligations au titre de la Convention internationale de Vienne sur les relations diplomatiques (notamment en ce qui concerne la protection des ambassades et du personnel diplomatique), a annoncé mercredi la porte-parole de la Commissaire Benita Ferrero-Waldner (relations extérieures). Les violences devant l'ambassade estonienne à Moscou ont suscité la « solidarité de l'Union européenne avec l'Estonie », a-t-elle dit. Une solidarité qui sera exprimée par l'envoi d'une délégation (troïka) de l'UE, au niveau des ambassadeurs, qui espère pouvoir être reçue par le gouvernement russe « le plus rapidement possible ». (hb)