Bruxelles, 02/05/2007 (Agence Europe) - Réunis lundi à Washington pour le sommet annuel UE/Etats-Unis, les dirigeants européens - la chancelière allemande et présidente du Conseil Angela Merkel et le président de la Commission José Manuel Barroso - et le président américain Georges W. Bush se sont engagés, dans une déclaration conjointe, à « accélérer la transformation des structures énergétiques » dans l'Union et aux Etats-Unis pour répondre au triple défi de la sécurité énergétique, du changement climatique et du développement durable. Dans l'attente du sommet du G8 les 7 et 8 juin à Heiligendamm, où la Chine et l'Inde seront également présents, et de la conférence de l'ONU sur le changement climatique à Bali en décembre prochain, la formulation retenue permet ainsi de masquer les nettes divergences de vues entre Européens et Américains sur le thème de l'énergie et du changement climatique, les premiers mettant plutôt l'accent sur des objectifs quantitatifs retenus par le Conseil européen de mars (objectif de réduction unilatérale de 20% des émissions de CO2 dans l'Union d'ici 2020 notamment), les seconds s'appuyant surtout sur les nouvelles technologies énergétiques. Au final, les parties se disent seulement « engagées envers l'objectif de stabilisation des concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère au niveau qui empêcherait une interférence anthropogénique dangereuse avec le système climatique ». La déclaration conjointe se contente, en outre, de souligner l'intention des partenaires de travailler ensemble en vue de la conférence de Bali sans appeler à lancer en décembre en Indonésie les négociations sur la politique climatique post-Kyoto.
Un degré de convergence transatlantique est toutefois notable sur les domaines à privilégier pour améliorer la sécurité énergétique et réduire les émissions de gaz à effet de serre: Européens et Américains reconnaissent en effet « l'importance d'accélérer l'efficacité énergétique, le développement des technologies de charbon propre et des énergies renouvelables, y compris des biocarburants ». « L'énergie nucléaire peut aussi contribuer à atteindre ces objectifs dans les pays qui décident de recourir à cette option », ajoutent-ils.
Dans une section intitulée « objectifs complémentaires » pour le développement des énergies propres et leur commercialisation à court et moyen terme, leur déclaration conjointe dresse un état des lieux des efforts mis en œuvre de part et d'autre de l'Atlantique au plan des nouvelles technologies énergétiques (charbon propre, capture et stockage de CO2), des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique. Ainsi, les Européens réaffirment leurs positions établies par le biais du Plan d'action pour la politique énergétique de l'Union et qu'EUROPE a largement détaillées lors de l'adoption du paquet « énergie et changement climatique » de la Commission en janvier dernier (EUROPE n° 9341) et du Conseil européen de mars dernier (EUROPE n° 9383). Les Américains rappellent, pour leur part, les engagements de l'administration Bush pour: - le développement des technologies énergétiques (construction d'ici 2012 de la première centrale à combustibles fossiles produisant près de zéro émission de CO2, incitations financières pour encourager l'investissement du secteur privé dans les technologies propres - en plus du milliard de dollars déjà dépensé, 650 millions seront alloués par le gouvernement américain cette année et 200 millions de dollars seront alloués au développement de la technologie de la capture et du stockage de carbone) ; - la promotion des renouvelables (adoption d'un plan pour réduire de 20% la consommation de carburants d'ici 2017 aux Etats-Unis en utilisant massivement les biocarburants) ; - la promotion de l'efficacité énergétique (plan de réduction de 30% d'ici 2015 de l'intensité énergétique sur la base des chiffres de consommation en 2003).
Deux sections intitulées « priorités clés » et « plan d'action de travail » rappellent pour leur part les priorités identifiées par les parties pour renforcer la coopération transatlantique dans le cadre d'un Partenariat sur l'énergie propre et le changement climatique: citons pêle-mêle le développement des technologies énergétiques propres, l'amélioration de l'efficacité énergétique (domaine dans lequel la coopération s'est notamment concrétisée par l'accord ENERGY STAR) et le développement des biocarburants de seconde génération. Enfin, dans une section consacrée à la « recherche transatlantique », les parties soulignent qu'elles chercheront à conclure, dans le cadre de l'accord bilatéral sur la Science et la Technologie, un accord de coopération en R&D dans l'énergie, qui, outre les domaines déjà cités, comprend l'hydrogène. (eh)