Bruxelles, 02/05/2007 (Agence Europe) - Du chemin reste à faire pour atteindre l'objectif du millénaire visant l'accès universel à l'éducation primaire pour tous les enfants du monde à l'horizon 2015, car à ce jour, 77 millions d'enfants ne sont toujours pas scolarisés. La Commission, les Etats membres de l'UE, la Banque mondiale, les autres bailleurs de fonds, les gouvernements des pays en développement, la société civile et tous ceux qui ont participé, le 2 mai à Bruxelles, à une réunion internationale de haut niveau sur l'éducation, en sont conscients. Conviée par le Commissaire Louis Michel, Gordon Brown, ministre des Finances britannique et Paul Wolfowitz, Président de la Banque mondiale, pour accélérer les progrès vers la réalisation de cet objectif du millénaire, la conférence a permis d'engranger de nouvelles promesses de contributions financières.
La Commission européenne s'est engagée à mobiliser 1,7 milliard d'euros sur le 10ème Fonds européen de développement (sur la période 2007-2010) et sur le budget communautaire (dans le cadre du programme thématique « Investir dans les ressources humaines), en plus des 22 millions d'euros qui seront engagés via l'initiative « Fast track » en faveur de l'éducation pour tous. Le Royaume-Uni qui, en 2006 avait promis de dépenser 11,2 milliards d'euros (15 milliards de dollars US), a annoncé que 740 millions d'euros seraient destinés à deux nouveaux pays bénéficiaires - l'Ethiopie et la Tanzanie - pour appuyer leurs programmes d'éducation sur dix ans. La Banque mondiale, a annoncé que son investissement de 1,12 milliard d'euros (1,5 milliard de dollars US) en 2007 se poursuivrait à l'identique en 2008, au profit des 68 pays les plus pauvres au monde, soit une augmentation de 50% par rapport au niveau annuel d'aide alloué au cours des cinq dernières années. L'Allemagne a annoncé un versement de 8 millions d'euros supplémentaires au titre de l'initiative « Fast track » dont la plupart des ressources proviennent des Etats membres de l'UE, et le Japon 1,8 million d'euros.
« L'éducation n'est pas la charité, mais un droit fondamental », a déclaré à la presse un représentant de Global Campaign for Education, accompagné de quatre enfants d'Afrique (Ghana, Kenya, Ouganda) et de Colombie qui ont été sortis du travail pour être scolarisés grâce à l'aide de pays donateurs (Allemagne, Japon, Italie). La carte des financements pour la réalisation de l'objectif du millénaire ciblé sur l'éducation, publiée par cette ONG, révèle que l'Autriche, la Grèce et les Etats-Unis sont les moins performants, en termes de qualité et de volume de leur contribution, les Pays-Bas, la Norvège et le Danemark étant, à l'opposé, les « champions ». Au nom de la Commission, Louis Michel a appelé au sursaut des bailleurs. « L'Union est déterminée à fournir une aide non seulement plus importante, mais aussi plus efficace », a dit le Commissaire que a confirmé que l'aide budgétaire directe, « plus prévisible, axée sur les résultats et garantissant chaque année un niveau minimum d'aide à l'éducation », serait à cette fin mise en place. Paul Wolfowitz a dit la volonté de tous les participants « de tenir leurs promesses et de faire avancer l'éducation » qui constitue, selon lui « un investissement de très grande valeur ». « La Banque mondiale soutient pleinement l'objectif d'une aide à l'éducation de meilleure qualité, plus rapide, à plus long terme donc plus prévisible». A un journaliste qui lui demandait s'il était la personne la plus indiquée pour ce rôle, M. Wolfowitz a botté en touche. Il s'agit « d'un effort collectif », a-t-il précisé, refusant de commenter les griefs qui lui sont faits dans l'institution qu'il dirige. (an)