login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9397
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/pesc

Javier Solana présente les chantiers de la PESC pour 2007 et appelle les Européens à débattre du projet américain de bouclier antimissile

Bruxelles, 29/03/2007 (Agence Europe) - Nombreux sont ceux qui veulent une Europe plus présente à travers le monde, « une politique étrangère de l'UE la plus visible et la plus coordonnée possible », et il faut « être à la hauteur de ce qu'on nous demande », a déclaré Javier Solana devant le Parlement où il présentait jeudi les défis qui attendent la PESC en 2007. Le développement de la PESC nécessite des moyens, a rappelé aux parlementaires le Haut représentant de l'UE, en détaillant le programme « extrêmement chargé », avec des « sujets brûlants », sur lesquels les Européens doivent être « des acteurs actifs ». Il a aussi souhaité que les Etats membres évoquent ensemble le projet américain d'installer un bouclier antimissile sur le sol européen.

Moyen-Orient. De retour de Riyad, où il participait au Sommet de la Ligue arabe, M. Solana a prédit une coopération de plus en plus importante avec une organisation dont il souligne la « revitalisation », comme en témoigne la relance actuelle de l'initiative de paix israélo-arabe élaborée par la Ligue en 2002. Cette initiative est à nouveau sur le tapis, « avec plus de force et de détermination des pays arabes », a-t-il constaté, espérant qu'elle contribuera à résoudre le conflit palestinien. Il faut « sortir de cette phase de gestion de crise pour en venir à une phase de résolution des conflits » entre Israël et la Palestine, souligne M. Solana, qui veut éviter de « chambouler du jour au lendemain nos positions » sur la façon d'utiliser nos financements et de traiter avec le nouveau gouvernement palestinien. Il y a dans ce gouvernement des personnalités que nous connaissons bien et « mettre un terme à nos contacts avec ces personnes serait une erreur », ajoute-t-il, préférant « agir en fonction des actes ».

Si pour le Président du PSE, Martin Schulz, « il faut continuer à négocier avec les représentants palestiniens non issus du Hamas », son homologue de la GUE-NGL, Francis Wurtz, appelle pour sa part l'UE à « reprendre l'aide directe à l'Autorité palestinienne et à reconnaître le gouvernement palestinien », estimant que ce dernier a pris des « engagements politiques de grande portée ». Invitant M. Solana « à prendre l'initiative avec ce nouveau gouvernement », Graham Watson (ALDE, Britannique) l'a aussi incité à se tourner à nouveau vers la Libye pour régler le sort des infirmières bulgares.

Iran. Nous devons expliquer quelle est notre position pour éviter toute divergence sur la question de la non prolifération, qui ne concerne pas un pays mais l'ensemble du monde. Il serait grave d'avoir une divergence de vues au sein de la communauté internationale sur cette question, qui porte sur trois points: la non prolifération en tant que telle, la notion du désarmement, jusqu'à présent un peu négligée, et le transfert de technologies. Avec l'Iran, nous souhaitons poursuivre les négociations pour parvenir à « une résolution politique », mais la détention des marins britanniques est « inacceptable », a-t-il regretté, rejoint en cela par la totalité des intervenants. Au nom du Parlement, son Président, Hans-Gert Pöttering, a ainsi appelé les autorités iraniennes à « ne pas entamer encore plus notre confiance en eux » et à libérer immédiatement les 15 marins britanniques.

« M. Solana nous vous faisons confiance », a lancé le Président du groupe PPE-DE, Joseph Daul, en plaidant pour « une Europe plus forte dans un monde plus sûr ». Nous souhaitons que l'Iran devienne « un membre de la communauté internationale à part entière, mais cela nécessite que le pays se conforme aux résolutions des Nations Unies », a t-il notamment insisté. « Celui qui dit qu'il est pacifique doit le montrer », a acquiescé son homologue du PSE, Martin Schulz. « Qui a le nucléaire civil, et est un grand pays, voudra le nucléaire militaire », a ensuite expliqué Daniel Cohn-Bendit (Verts/ALE, Allemand) pour qui « la clé est la dénucléarisation civile ».

Balkans. Il semble « difficile d'en arriver à une solution négociée acceptée par les deux parties et la communauté internationale sera sûrement amenée à imposer une solution » sur le statut du Kosovo, a rappelé M. Solana. Certaines difficultés ont déjà émergé au Conseil de sécurité, « je pense en particulier à la Russie et éventuellement à la Chine », et l'UE doit « fixer » sa position en soutenant celle de Martti Ahtisaari. « Quelle que soit la décision des Nations Unies, l'UE aura une responsabilité énorme » et la mission PESD, dont les préparatifs vont bon train, « sera sans doute la mission la plus importante de l'UE ». En fait, « dès qu'il y aura feu vert du côté du Conseil de sécurité, nous serons en mesure de déployer cette opération », a assuré M. Solana, souhaitant « être particulièrement généreux » dans nos efforts vis-à-vis de la Serbie, qui a « vocation à faire partie de l'UE ».

Afrique. Pour parvenir à une solution au Darfour, « nos relations avec la Chine et l'Inde sont fondamentales », a estimé M. Solana, en constatant que ces pays misent beaucoup sur les ressources énergétiques du Soudan. Alors que les Chinois acceptent tous les massacres pour le pétrole, « l'UE doit prendre l'initiative » au Darfour, a estimé M. Cohn-Bendit. « Il ne s'agit plus de discuter », il s'agit d'empêcher que chaque jour des centaines de gens soient massacrés par les forces soudanaises, a martelé le co-Président des Verts/ALE, qui, comme son homologue du groupe ALDE, réclame une initiative de l'ONU.

Bouclier antimissile. « L'UE n'est pas une alliance militaire mais elle a une politique extérieure et de sécurité, et elle peut et doit débattre (…) » du système de défense antimissile que les Etats-Unis souhaitent déployer en Europe, a indiqué M. Solana. S'il ne revient pas à l'UE de prendre une décision, « ce serait une erreur de ne pas en parler entre nous d'une manière ouverte », car ce système « peut avoir des incidences sur nos relations avec des pays tiers comme la Russie », a-t-il ajouté, en estimant que « les intérêts souverains des Etats membres doivent être compatibles avec l'intérêt général de l'Union ».

L'UE n'est pas une alliance de défense, mais « une alliance du dialogue », a renchéri M. Schulz, qui aurait préféré que les contacts téléphoniques intervenus mercredi entre le Président américain et son homologue russe portent sur la manière dont on peut éviter de mettre en place ces missiles plutôt que sur la façon de le faire ensemble. Dans son intervention, Konrad Szymanski (UEN, Polonais) s'est limité a constaté que « le stationnement (du bouclier antimissile) sur le sol polonais n'est pas une menace pour la Russie », qui utilise « de mauvais arguments ». Je ne sais pas si ce bouclier antimissile est contre la Russie, mais « s'il est contre l'Iran, c'est ridicule », a en revanche considéré M. Cohn-Bendit, qui dénonce l'unilatéralisme américain en Europe. « L'union politique est le seul moyen d'imposer notre indépendance », a-t-il observé, appelant lui aussi à la concertation des Européens. Les plans de Washington suscitent énormément d'inquiétude, selon Jan Marinus Wiersma (PSE, Néerlandais), qui s'interroge sur l'attitude polonaise et tchèque, dont la décision aura des conséquences qui ne se limitent pas à ces deux pays.

Nous avons besoin d'une « plus grande cohérence dans l'utilisation des instruments dont nous disposons » dans le cadre de la PESC, a pour sa part jugé Meglena Kuneva. « Plus nous sommes cohérents avec nous-mêmes, plus nous sommes clairs dans ce que nous disons, plus nous parlerons d'une seule voix, plus nous seront forts », a fait valoir la Commissaire chargée de la protection des consommateurs. (ab)

Sommaire

JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES