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Bulletin Quotidien Europe N° 9397
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/kosovo

Le Parlement soutient la souveraineté supervisée du Kosovo

Bruxelles, 29/03/2007 (Agence Europe) - En adoptant par 490 voix pour, 80 voix contre et 87 abstentions le rapport de Joost Lagendijk (Verts/ALE, Néerlandais), le Parlement a apporté jeudi son soutien à la proposition de Martti Ahtisaari sur le statut du Kosovo, estimant que « la souveraineté supervisée par la communauté internationale est la meilleure option pour garantir (…) » les objectifs de stabilité et de protection des communautés de l'actuelle province serbe. Le PE soutient aussi l'établissement d'une mission PESD de l'UE au Kosovo et appelle à progresser vers un accord sur la facilitation de visa. Il réitère par ailleurs la perspective européenne aussi bien du Kosovo que de la Serbie. Le rapport du PE reprend les éléments avalisés par la commission des affaires étrangères (EUROPE n° 9387), souhaitant en particulier que l'accord final sur le statut intègre certains éléments, comme l'accès aux organisations internationales, des dispositions précises concernant la décentralisation ou des garanties internationales pour l'intégrité territoriale des pays voisins.

Au cours du débat en plénière mercredi soir, les députés ont apporté un large soutien aux propositions de M. Ahtisaari, hésitant seulement à se prononcer en faveur d'une souveraineté sous surveillance préconisée par l'envoyé spécial de l'ONU. Tout en soutenant le rapport, certains députés, essentiellement du PSE, ont en effet souhaité que le PE n'anticipe pas la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU et n'opte pas pour une formulation qu'il ne lui appartient pas de définir. Sur la nécessité de ne pas repousser la décision sur le statut, sur le rôle essentiel que l'UE devra jouer à l'avenir ou sur la perspective européenne des pays de la région, les voix ont grandement convergé, le groupe GUE-NGL indiquant néanmoins qu'il voterait, dans une large part, contre ce rapport.

« Une certaine forme d'indépendance pour le Kosovo est absolument inévitable qu'on le veuille ou non », avait d'emblée souligné M. Lagendijk en appelant ses collègues à reconnaître cette perspective dans les mêmes termes que le fait le plan Ahtisaari. « Le PE est prêt à dégager les budgets nécessaires » pour assurer la présence européenne future, a aussi assuré M. Lagendijk, soulignant encore une fois que « le Kosovo est un cas unique » auquel il faut « trouver des solutions uniques », qui ne sont pas transposables au reste du monde. C'est « un cas sui generis, ne pouvant pas constituer un précédent pour d'autres conflits », a aussi estimé Günter Gloser, qui note que « notre unité est importante, c'est la clé du succès qui nous permettra d'aboutir à une solution durable ». M. Ahtisaari a eu raison de constater l'échec des pourparlers et d'en référer au Conseil de sécurité des Nations Unies, car les négociations ont montré qu'un compromis ne se dessinait pas, a aussi constaté le ministre allemand chargé des affaires européennes, rejoint en cela par le Commissaire chargé de l'élargissement. « Au cours des quatorze mois de négociations, des bases communes ont été trouvées sur plusieurs aspects pratiques du compromis, mais malheureusement Belgrade et Pristina sont restés diamétralement opposés sur la question essentielle du statut », a en effet rappelé Olli Rehn. « Ce qui est au coeur de la question du Kosovo, c'est l'unité européenne et nous devons « continuer à soutenir » la proposition de M. Ahtisaari, a affirmé le Commissaire, anticipant le rôle futur de l'UE sur place. « La mise en oeuvre du statut ne se fera pas gratuitement », son coût pourrait atteindre entre 1,3 et 1,5 milliard d'euros selon certaines estimations et les ressources ne pourront venir du seul budget de l'UE, a insisté M. Rehn, qui a dans le même temps veillé à ménager la Serbie. « L'UE reste fermement engagée en faveur de la perspective européenne de la Serbie », Ce qui est « essentiel pour mener à bien le processus sur le statut ». « Une Serbie qui a confiance en son futur européen, pourra mieux surmonter le poids du passé », a-t-il considéré. (ab)

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