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Bulletin Quotidien Europe N° 9397
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/onu/acp

L'ONUDI, partenaire pour la mise à niveau des capacités industrielles des Etats ACP dans la perspective des APE, veut concrétiser avec le groupe ACP son initiative pour le coton africain

Bruxelles, 29/03/2007 (Agence Europe) - L'ONUDI, agence spécialisée des Nations Unies pour le développement industriel, qui est à l'origine d'une initiative pour la sauvegarde de la filière coton en Afrique est, depuis un an, le partenaire de la Commission européenne pour la mise à niveau des capacités industrielles des Etats ACP (Afrique/Caraïbe/Pacifique) dans la perspective des accords de partenariat économique (APE) actuellement négociés entre l'UE et six-sous régions ACP.

L'initiative de l'ONUDI pour le développement de la chaîne de valeur du coton, du textile et de la confection (CTC), vise à augmenter la contribution du secteur du coton au produit intérieur brut, à l'emploi et aux exportations par divers moyens: une amélioration de la compétitivité de la capacité d'offre de la chaîne de valeur du coton, du textile et de la confection, une meilleure conformité des produits aux normes internationales, le renforcement de la connectivité ou de l'accès des produits aux marchés nationaux, régionaux et internationaux. Cette « réponse à Doha », qui s'inscrit dans le cadre de l'assistance pour le développement du coton, a été reprise par l'Organisation mondiale du commerce (OMC) dans le rapport du comité coton et présentée par le Directeur général de l'ONUDI, Kandeh Yumkella, au séminaire de haut niveau de l'OMC à Genève les 15 et 16 mars derniers. Au lendemain de cette réunion, c'est au groupe des Etats ACP, le 28 mars à Bruxelles, que l'ONUDI a présenté son initiative au cours d'un atelier spécialisé.

« Nous essayons d'obtenir l'appui du maximum de contributeurs. Nous avons déjà l'appui de la Commission africaine. L'UE nous appuie. Nous espérons un accord de coopération avec le groupe ACP sur un programme pour réaliser en pratique cette initiative afin que les pays ACP puissent exporter des produits à valeur ajoutée », a déclaré à la presse François d'Adeski, représentant de l'ONUDI à Bruxelles. L'ONUDI a ouvert un bureau à Bruxelles en juin dernier car la coopération avec la Commission européenne s'est intensifiée. « L'ONUDI est l'une des agences d'exécution privilégiée pour la mise en place des infrastructures de qualité, la modernisation et la mise à niveau des entreprises pour la mise en place des accords de partenariat économique. Elle met son expertise au service de la cohérence de marchés régionaux, en favorisant, à chaque fois que possible, le recours à des normes régionales. Notre objectif est d'aider les pays en développement et émergents à s'industrialiser, à transformer les matières premières locales pour lesquelles ils ont un avantage comparatif », explique M. D'Adeski.

Or, le coton est, par excellence, la matière première pour laquelle les pays d'Afrique de l'Ouest producteurs ont un avantage comparatif sans pour autant en tirer bénéfice, du fait de la concurrence subie par les subventions des pays riches, certes, mais aussi faute d'exporter de la valeur ajoutée. Approchée en 2000 par les présidents africains du NEPAD (nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique par l'Afrique elle-même: NDLR) pour fournir l'assistance au NEPAD dans le secteur productif, l'ONUDI a été mandatée en 2003 par les seize pays de l'Afrique de l'Ouest et par le groupe ACP pour travailler à promouvoir la transformation du coton en Afrique de l'Ouest où 95% du coton exporté l'était sous la forme de matière première brute, explique M. d'Adeski pour rappeler l'historique du dossier. « L'exportation de coton brut est notre problème. De plus en plus, l'accent est mis sur le volet transformation », reconnaît M. Bassong du Secrétariat général du groupe ACP.

Lamine Dhaoui, conseiller du directeur général de l'ONUDI et concepteur de la méthodologie de mise à niveau industrielle appliquée au Portugal avant son adhésion à l'UE, puis en Tunisie (son pays d'origine), rappelle que « les textiles et la confection sont la première base de l'industrialisation car c'est une chaîne gagnante. Les pays asiatiques et l'île Maurice l'ont démontré ». L'ONUDI travaille depuis deux ans sur l'initiative coton en étroite coopération avec l'OMC, d'autres agences spécialisées de l'ONU (FAO, CNUCED, BIT) et l'UE - une initiative qui complète les programmes de l'UE d'appui au coton et à tous les produits de base, rappelle-t-il. Le faible taux de transformation du coton dans les pays africains producteurs (moins de 5% en moyenne, et moins de 2% dans les pays de l'UEMOA alors qu'elle atteint 100% dans des pays comme la Turquie, le Pakistan la Chine et l'Inde) et le taux d'utilisation très faible du coton sur place montrent que les pays africains producteurs ont « une réserve très importante de productivité ». En Tunisie, le secteur textile est le secteur des 50 %: il fournit 50% de l'emploi, 50% des exportations et 50% de la valeur ajoutée industrielle alors que ce pays importe tout le coton. Un paradoxe qui met en évidence la nécessité d'identifier, en Afrique de l'Ouest et centrale, « les niches dans lesquelles des technologies faciles et peu coûteuses pourraient être développées », estime M. Dhaoui. Et de citer l'exemple des petites unités de production qui, en Inde, fabriquent des moustiquaires à partir du coton (vendues à 70% sur le marché indien), ou du bandage médical avec des technologies peu coûteuses (15 000 à 20 000 dollars). L'ONUDI fait actuellement l'analyse comparative des stratégies et politiques menées par l'Inde, l'Egypte, et la Turquie - trois grands pays producteurs de coton - dont les résultats seront partagés avec le Secrétariat ACP d'ici à la fin avril. (an)

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