Bruxelles, 29/03/2007 (Agence Europe) - Le gouvernement turc présentera en avril un vaste programme de réformes législatives qu'il entend mettre en œuvre au cours de la période 2007-2013 pour aligner la législation turque sur l'acquis communautaire dans tous les chapitres (35) des négociations d'adhésion avec l'Union européenne. C'est ce qu'a annoncé jeudi à la presse le négociateur turc, Ali Babacan, à l'issue d'une session de négociation à Bruxelles. En dépit de la « grande déception, désillusion, frustration » créée en Turquie par la décision de l'Union européenne de décembre 2006 de suspendre les négociations d'adhésion dans huit chapitres (en raison du refus turc d'appliquer le protocole d'Ankara sur l'extension de l'Union douanière à Chypre), le gouvernement turc est « déterminé à poursuivre résolument les réformes politiques et techniques pour préparer le pays à l'adhésion », a souligné M. Babacan.
Les problèmes de nature politique (question chypriote, problème constitutionnel dans l'UE, « fatigue d'élargissement » dans plusieurs pays membres, etc.) ne peuvent pas empêcher la Turquie d'aller de l'avant et de progresser sur le plan des réformes techniques, a insisté le négociateur en chef. « Nous n'avons pas de temps à perdre ». D'autant plus que la Turquie a rapidement besoin de ces réformes, « avec ou sans adhésion à l'Union européenne », a-t-il dit. Ainsi, « 80 à 90% » des réformes du programme 2007-2013 seront de toute façon indispensables pour faire de la Turquie un pays compétitif. Interrogé sur les perspectives d'adhésion,
M. Babacan admet que le « climat d'élargissement » au sein de l'UE n'est pas très bon en ce moment, mais il s'agit d'un phénomène de « courte durée », essentiellement dû au problème de la Constitution, mais une fois ce problème réglé, « l'Union retrouvera sa force et sa confiance ». Par ailleurs, a-t-il souligné, « il faut se rappeler constamment que ce ne sera pas la Turquie d'aujourd'hui, mais la Turquie de demain qui adhérera à l'Union européenne. Une Union qui, elle aussi, sera différente ».
Comme prévu, la session de jeudi à Bruxelles a permis d'ouvrir les négociations d'adhésion sur un deuxième chapitre: politique industrielle et d'entreprise. Il s'agit là d'un « pas important » qui, en cette
« période délicate », envoie aux citoyens turcs le « juste message, à savoir que ça bouge », a dit M. Babacan. Ankara a déjà présenté sa position de négociation sur deux chapitres supplémentaires (union économique et monétaire, statistiques) et en présentera une autre (contrôle financier) la semaine prochaine. La Présidence allemande nous a confirmé son intention d'ouvrir ces trois chapitres lors d'une prochaine session de négociation en juin, a dit M. Babacan à la presse. Il a aussi affirmé que la Turquie n'ouvrira pas ses ports et aéroports à Chypre tant que l'UE n'aura pas mis fin à l'isolement commercial de la partie Nord de Chypre. (hb)