Bruxelles, 19/03/2007 (Agence Europe) - Les Etats membres et la Commission européenne se sont montrés disposés, lundi 19 mars à Bruxelles, à répondre aux exigences de la Russie afin que celle-ci consente à lever le blocage des livraisons de viandes polonaises et ne mette pas à exécution sa menace d'interdire tous les produits alimentaires de l'UE. Toutefois, certains ministres européens de l'Agriculture ont fait part de leur inquiétude au sujet de la surenchère russe qui donne l'impression que l'UE sortira très difficilement de ce cercle vicieux. En outre, le coup de semonce de la Commission contre la piètre qualité des contrôles dans certains Etats membres de l'UE risque de contrecarrer les efforts de l'UE pour prouver l'innocuité de ses denrées alimentaires (EUROPE n°9388).
Markos Kyprianou, le Commissaire européen responsable de la santé et de la protection des consommateurs, a informé le Conseil Agriculture des maigres résultats de la réunion des 12 et 13 mars entre la Commission, qui négocie au nom des Etats membres de l'UE, et les autorités russes:
Embargo russe sur la viande polonaise: M. Kyprianou a indiqué que Moscou avait transmis des documents sur les défaillances relevées par les vétérinaires russes lors des missions en Pologne. La Commission dispose de deux semaines pour répondre à ces reproches qui, de l'avis du Commissaire, ne justifient pas le maintien de l'embargo russe sur les viandes en provenance de Pologne.
Menace d'embargo sur les produits végétaux: la Commission a confirmé que la Russie brandissait la menace d'un embargo sur les produits végétaux communautaires, à cause des divergences d'interprétation des limites autorisées de résidus de pesticides dans les produits. M. Kyprianou a expliqué que la Russie se fonde sur les seuils de détection de pesticides par les appareils de laboratoires, alors que l'UE utilise une limite (souvent plus haute) par rapport à la toxicité des substances pour la santé humaine.
Menace de blocage russe des produits alimentaires européens: les Russes demandent aux Etats membres de l'UE de leur fournir, avant le 31 mars, des rapports sur les résultats des programmes de détection des résidus dans les denrées alimentaires (viandes, produits laitiers…). Les pays de l'UE sont tenus de fournir ces informations à la Commission à cette date (31 mars), mais montrent une certaine réticence à fournir ces données (problèmes identifiés et explications) aux autorités russes, qui pourraient les utiliser pour formuler de nouvelles demandes.
En outre, M. Kyprianou s'est félicité de la décision prise par la Russie de rappeler ses vétérinaires qui sont restés parfois plusieurs semaines dans certains Etats membres pour y effectuer des contrôles. Les vétérinaires russes devraient toutefois intensifier les contrôles aux frontières. Enfin, le Commissaire a invité les Etats membres de l'UE à être irréprochables dans la mise en œuvre de l'accord sur les certificats vétérinaires à remplir pour pouvoir exporter en Russie. La Lettonie aussi a souligné l'importance pour l'UE d'être vigilante dans ce domaine pour ne pas donner aux Russes des raisons de critiquer les produits européens. Au cours de leur déjeuner, les ministres européens de l'Agriculture ont évoqué le dossier sensible, dans ce contexte de négociations avec les Russes, des reproches adressés par la Commission à douze Etats membres de l'UE dont la qualité des contrôles des denrées alimentaires laisserait à désirer. Mais le Commissaire s'est bien gardé d'épingler en public le nom des pays incriminés pour éviter de créer une fracture entre les Etats membres, déjà en difficulté sur le dossier russe. (lc)