Bruxelles, 19/03/2007 (Agence Europe) - Exception faite d'une déclaration sur la protection de la biodiversité à l'horizon 2010, rien de bien spectaculaire n'est sorti de la réunion des ministres de l'Environnement du G8 et des grands pays émergents réunis le week-end dernier à Potsdam à l'invitation de la Présidence allemande du G8 (EUROPE n° 9387). Mais cette réunion inaugurale, consacrée à la diversité biologique et à la lutte contre le changement climatique, a eu le mérite d'amorcer un dialogue entre les pays les plus industrialisés de la planète et la Chine, l'Inde, le Mexique, l'Afrique du Sud et le Brésil, sur la réponse concertée à apporter à deux grands défis environnementaux de dimension mondiale. Sigmar Gabriel, ministre allemand de l'Environnement, qui n'attendait pas d'accord à ce stade, s'est réjoui de ce progrès.
Forte de la position de leader dont peut s'enorgueillir l'UE après l'accord du Conseil européen du 9 mars sur une stratégie ambitieuse « Energie et climat » fondée sur des objectifs contraignants, la Présidence allemande tablait sur un effet d'entraînement pour tenter de bâtir un consensus, dans la perspective du prochain Sommet du G8 (Heiligendamm, 6-8 juin). Le changement climatique est placé haut dans l'agenda de ce G8 qui, comme l'espère la Chancelière allemande Angela Merkel, devrait ouvrir la voie à l'ouverture formelle des négociations internationales sur un régime « post-Kyoto » (conférence des Nations unies à Bali en décembre prochain), intégrant le plus grand nombre de pays en tenant compte de leurs responsabilités différenciées et de leurs capacités respectives.
Le sursaut n'a pas eu lieu à Potsdam. En cause: l'intransigeance des Etats-Unis, toujours opposés à des objectifs chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre, à la création d'un marché mondial des émissions de CO2 et à tout concours financier pour aider les pays en développement à protéger leur environnement et le climat. Il n'empêche que le Brésil et le Mexique se sont dits prêts à rallier le combat contre le changement climatique et contre la destruction de la biodiversité.
L'Initiative de Potsdam pour la protection de la biodiversité à l'horizon 2010 est la principale avancée de ce G8 + 5. Elle engage les pays industrialisés et les cinq puissances émergentes à mobiliser des fonds pour la protection des mers, pour la recherche et pour l'amélioration du contrôle des espèces menacées d'extinction.
« Si l'homme n'avait pas détruit autant de forêts, il y aurait un tiers de CO2 en moins dans l'atmosphère », a fait observer Sigmar Gabriel, en évoquant la capacité d'absorption du carbone des forêts. Le président a lancé d'idée d'établir un rapport sur les conséquences économiques de la destruction de la biodiversité dont l'ONU pourrait assurer la préparation, sur le modèle du rapport Stern sur l'impact économique des changements climatiques et le coût de l'inaction. (an)