Strasbourg, 19/03/2007 (Agence Europe) - Le Parlement européen, qui demandait à la Commission européenne d'imposer un moratoire immédiat sur le commerce des produits dérivés du phoque en raison de la cruauté des méthodes de mise à mort, déplore que celle-ci ne daigne pas agir avant de disposer des résultats d'une étude de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA).
La demande a été formulée le 15 mars à Strasbourg à l'occasion d'un bref débat avec la Commission pressée d'agir puisque la déclaration adoptée le 26 septembre par le Parlement est restée sans suite. Dans cette déclaration, les eurodéputés demandaient à la Commission européenne d'élaborer sans délai une proposition de règlement visant à interdire l'importation, l'exportation et la vente de l'ensemble des produits dérivés du phoque harpé « manteau blanc » et du phoque à capuchon « à dos bleu ». Cette revendication, motivée par la cruauté des méthodes de mise à mort des phoques, se fondait sur la conclusion d'une équipe de vétérinaires selon laquelle 42% des cadavres de phoques qu'ils avaient examinés pouvaient avoir été dépouillés de leur pelage alors qu'ils étaient encore conscients. Rappelant que les produits dérivés du phoque sont interdits aux Etats-Unis depuis trente ans, et que certains Etats membres ont déjà pris des mesures (une interdiction totale en Belgique, temporaire en Italie), les parlementaires soulignaient qu'un règlement européen d'interdiction ne devrait pas avoir d'incidence sur la chasse au phoque traditionnelle des Inuits qui ne représente que 3% du volume de chasse actuel.
Interpellé par John Bowis (PPE-DE, Britannique), Paulo Casaca (PSE, Portugais), Marios Matsakis (ALDE, Chypriote), Carl Schlyter (Verts/ALE, Suédois) et Erik Meijer (GUE/NGL, Pays-Bas), Stavros Dimas, Commissaire à l'environnement, a répondu que la Commission n'était pas légalement habilitée à imposer un moratoire immédiat. Mais, a assuré le Commissaire, la Commission va procéder à une analyse exhaustive de toutes les informations scientifiques disponibles sur les méthodes de chasse au phoque, dans les différents pays, sous l'angle du bien-être animal. Une partie de cette évaluation sera réalisée par l'EFSA. Les résultats de cette étude permettront à la Commission de tirer ses conclusions et de présenter, le cas échéant, des propositions législatives. Stavros Dimas s'est engagé à faire rapport au Parlement dans les plus brefs délais. (an)