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Bulletin Quotidien Europe N° 9380
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/israËl

Dialogue franc et critique lors du Conseil d'association du 5 mars

Bruxelles, 06/03/2007 (Agence Europe) - La 7e session du Conseil d'association UE-Israël s'est déroulée, selon les avis des deux parties, dans une bonne atmosphère et le président du Conseil de l'UE, Frank-Walter Steinmeier, aussi bien que sa collègue israélienne, Tzipi Livni, ont loué l'évolution de ces relations anciennes et privilégiées et leur « intensité » a été soulignée. Décision est prise d'en approfondir le contenu par le biais d'un groupe de contact formé à cette fin. Sa tâche sera d'asseoir le « statut particulier » dont se prévaut Israël. Il aura à identifier les domaines dans lesquels pourra être développée la coopération, Israël, qui est actif dans la recherche et le développement s'apprête à participer au 7e programme R&D de l'UE et est invité à collaborer à divers autres programmes (Galileo, par exemple) et agences communautaires.

La satisfaction ambiante paraît toutefois valoir plus pour l'économique que pour le politique. « Je veux être honnête », a déclaré la chef de la diplomatie israélienne, paraissant ainsi atténuer l'euphorie manifestée par son collègue allemand. Mme Livni a souligné le « lien entre la relation UE-Israël et l'évolution dans la région », signifiant ainsi que l'évolution du processus de dialogue sur le Moyen-Orient pèse et pèsera encore sur les relations directes. Elle a encore plus tempéré l'ambiance en laissant entendre que le consensus loué par M. Steinmeier valait plus pour la première partie, la séance formelle d'échange de discours, mais qu'il restait à affronter les thèmes politiques abordés au cours du dîner et les échanges dans ce cadre sont généralement plus francs et sans formalisme.

La formation encore hypothétique d'un gouvernement d'union nationale palestinien et la réaction européenne à lui réserver, l'Iran et les menaces que fait peser ce pays sur Israël et sur la région ont composé le menu de ce dîner. En préalable, au cours de la conférence de presse donnée par M. Steinmeier et Mmes Livni et Ferrero-Waldner, la ministre israélienne a confirmé les positions exprimées au cours des dernières semaines, à savoir qu'aucun dialogue avec un gouvernement palestinien n'était concevable tant qu'il n'a pas concédé une reconnaissance claire, explicite et formelle de l'existence d'Etat d'Israël, ni ne s'est engagé à renoncer à tout ce qu'elle classe sous le vocable « terrorisme ». Sa position demeure ferme contre toute levée du boycott financier tant que les conditions énoncées par le Quartette n'auront pas été remplies. En l'état, Hamas menace aussi bien Israël que les « Palestiniens modérés », a-t-elle plaidé. Elle a critiqué indirectement ceux des Etats membres de l'UE qui seraient tentés de nouer le dialogue avec un gouvernement d'union nationale palestinien (on pense notamment à l'Italie) pour l'encourager à accepter les conditions du Quartette qu'elle invite à évaluer d'abord le programme d'un tel gouvernement. Ses propos sur l'Iran ont aussi été fermes et elle appelle l'UE à pratiquer la plus grande fermeté possible à l'encontre de ce pays qui prétend entrer dans l'ère du nucléaire et qui nie l'holocauste. Mais l'UE a aussi interpellé la ministre sur le poids de la menace nucléaire dans la région (EUROPE n° 9378). L'UE a par ailleurs marqué l'urgence d'une solution de paix globale incluant la Syrie et le Liban.

Au cours de la séance formelle, la partie européenne a félicité Israël pour son engagement dans la « politique de voisinage » et la mise en place de sous-comités thématiques, en particulier celui sur le « dialogue politique », appellation plus acceptable pour le partenaire que celle, initiale, de « droits de l'homme ». Mais, dans l'esprit de ce dialogue, les critiques européennes n'ont pas manqué contre l'implantation de colonies de peuplement, le mur de séparation, les destructions de maison, les « exécutions extra-judiciaires » comme l'étouffement économique des territoires occupés. L'UE a pratiquement mis en balance tous les « actes de terreur », qu'il s'agisse de tirs de roquettes palestiniens, des menées israéliennes à Gaza ou des « exécutions extra-judiciaires ». Un parler franc qui a sans doute motivé le jugement prudent exprimé par Mme Livni quant à la qualité des relations de son pays avec l'UE. (fb)

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