Bruxelles, 06/03/2007 (Agence Europe) - Le Commissaire chargé de l'élargissement a précisé mardi quels critères serviront à évaluer le niveau de coopération de la Serbie avec le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), qui rythmera les progrès du pays vers l'UE. A l'issue d'une réunion de la troïka entre l'UE et la Serbie, Olli Rehn a surtout présenté un calendrier, « ambitieux mais envisageable dans les meilleures circonstances », de la perspective européenne qui s'offrira alors à Belgrade. « Si nous pouvons reprendre les négociations sur l'ASA ce printemps, ce qui dépendra tout particulièrement des nouveaux dirigeants de Serbie, cela prendra quelques mois pour boucler le volet technique, quelques mois pour procéder à la signature de l'ASA et laisse entrevoir la possibilité de boucler l'ASA à l'automne 2007 et donc d'atteindre le statut de pays candidat en 2008 (…)», a déclaré M. Rehn devant la presse, en soulignant: « A gouvernement nouveau, opportunité nouvelle ».
Longtemps considérée comme un préalable à la reprise même des négociations sur un accord de stabilisation et d'association (ASA), qui sont suspendues depuis mai 2006, la pleine coopération avec le TPIY n'est plus abordée de manière aussi figée. Dans leurs conclusions du 12 février dernier, les ministres des Affaires étrangères avaient estimé que des « mesures concrètes et efficaces » en ce sens du prochain gouvernement serbe pourraient suffire pour une relance des pourparlers (EUROPE n° 9364). Parmi les critères « non exhaustifs » permettant de débloquer la situation serbe se trouve l'engagement « sans réserve » du gouvernement en faveur de l'arrestation des criminels de guerre. Cela passe par la désignation des personnes compétentes aux postes adéquats, a indiqué M. Rehn, qui ajoute: « Les autorités compétentes devront être responsables de cette coopération et la Serbie devrait ouvrir l'accès à ses archives où ses documents ». Ces actions devront ensuite revêtir « une certaine crédibilité » pour conclure les négociations de l'accord de stabilisation et d'association, confirme le Commissaire. Une fois le nouveau gouvernement en place, « nous allons réformer nos services de sécurité, encourager les contacts entre services de renseignement » et ainsi permettre une coopération transparente et efficace, a de son côté assuré le Président serbe Boris Tadic. (ab)