login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9380
Sommaire Publication complète Par article 33 / 37
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/sommet de printemps

La lutte contre le changement climatique exige des objectifs contraignants pour les énergies renouvelables, la réduction des émissions et l'efficacité énergétique, rappellent les ONG

Bruxelles, 06/03/2007 (Agence Europe) - A la veille du Conseil européen qui doit, ces 8 et 9 mars, fixer des objectifs chiffrés pour pousser l'Europe à réduire sensiblement ses émissions de gaz à effet de serre et accroître le recours aux énergies renouvelables à l'horizon 2020, les ONG environnementales redoutent que les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE ne revoient à la baisse l'ambition de la Commission dans son paquet « Energie pour l'Europe » du 10 janvier. Aussi demandent-elles instamment au Sommet de printemps d'être aussi vigoureux dans ses décisions politiques que l'exige une lutte efficace contre le changement climatique, en ne transigeant pas sur la nécessité d'objectifs ambitieux et contraignants. Il en va, selon elles, de la crédibilité de l'UE dans la lutte internationale contre un fléau global déjà à l'oeuvre.

Dans un communiqué, le WWF (Fonds mondial pour la Nature) presse les chefs d'Etat et de gouvernement de rester sourds aux sirènes de la Pologne, accusée d'être « le principal obstacle » à toute avancée dans les négociations « puisqu'elle s'oppose quasiment à tous les éléments essentiels du paquet Energie pour l'Europe ». L'ONG déplore en particulier que cet Etat membre soit contre l'objectif d'une réduction unilatérale d'au moins 20% des émissions de gaz à effet de serre de l'UE, qui pourrait être porté à - 30% si les autres pays industrialisés lui emboîtaient le pas, et contre un objectif contraignant pour la part d'énergies renouvelables dans le bouquet énergétique de l'UE .

« Les leaders européens doivent ignorer les tentatives du gouvernement polonais de ruiner la politique climatique de l'UE. Avec les travaux d'infrastructures pour la Via Baltica qui menacent d'importantes zones naturelles en violation de la législation communautaire, la Pologne a récemment montré qu'elle fait peu de cas de l'environnement et des générations futures. Pour garantir un avenir à faible teneur en carbone, il est essentiel que les leaders européens s'entendent sur un objectif de réduction des émissions allant jusqu'à 30% en 2020 », déclare Stephan Singer, chef de l'Unité Changement climatique et Energie au bureau européen du WWF.

« Si l'Europe veut être un partenaire crédible dans la lutte contre les changements climatiques, il est indispensable qu'une politique énergétique saine pour l'Europe émerge du Conseil européen avec des objectifs clairs et contraignants pour l'efficacité énergétique et les renouvelables, ajoute Wojciech Stepniewski, du WWF Pologne.

Pour Friends of the Earth Europe (FoE), le Sommet de printemps doit absolument mettre l'Europe sur les rails d'une politique énergétique durable par la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la chasse aux gaspillages d'énergie et la promotion des énergies renouvelables. C'est précisément ce que demanderont des centaines de manifestants de quinze Etats membres en Europe en formant, le 8 mars, « un immense drapeau pour l'énergie en Europe » devant le Bâtiment du Conseil. Il convient, pour cela, que les gouvernements se concentrent sur la menace du changement climatique quand ils se prononceront sur le plan d'action énergétique, estime FoE.

« En scellant l'avenir énergétique de l'Europe, les chefs d'Etat européens doivent absolument faire du changement climatique l'impératif suprême et ne pas transiger sur cet objectif dans leur recherche frénétique de la sécurité énergétique. Le plan d'action énergétique de l'UE qui doit être adopté le 8 mars sera loin de rendre l'énergie pour l'Europe plus durable, à moins qu'il ne contienne des objectifs contraignants tant pour la part des renouvelables que pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, et que soit adopté un objectif plus serré et réel pour l'efficacité énergétique », déclare Jan Kowalzig.

FoE rappelle à cet égard combien est étonnant « le double langage » de l'UE qui d'un côté s'apprête à adopter un objectif unilatéral de seulement - 20% de ses émissions à l'horizon 2020 (par rapport au niveau atteint en 1990, année de référence), alors même qu'elle reconnaît, sur la base des analyses scientifiques les plus récentes, la nécessité d'une réduction de 30% pour tous les pays industrialisés si l'on veut éviter un changement climatique catastrophique.

FoE comme Greenpeace International continuent de plaider pour la fixation du seul objectif crédible et conséquent - une réduction de 30% des émissions pour l'UE -, pour un objectif global contraignant pour les renouvelables, plus ambitieux que ne le sont les 20% envisagés à l'horizon 2020, et pour la déclinaison de cet objectif global en objectifs sectoriels, étant entendu qu'un objectif global « ne suffira pas à stimuler l'investissement et les progrès technologiques dans les secteurs de la production d'électricité ou du chauffage et du refroidissement ». (an)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES