Bruxelles, 06/03/2007 (Agence Europe) - Publiés à la veille du Conseil européen des 8/9 mars consacré à la politique énergétique, les résultats du dernier baromètre sur l'énergie réalisé par la Commission sont éloquents: ils révèlent que, préoccupés par le changement climatique, une majorité de citoyens européens estiment que c'est au plan communautaire qu'il serait le plus opportun de s'attaquer aux problèmes énergétiques.
Si une personne sondée sur deux juge les questions énergétiques et climatiques préoccupantes, les inquiétudes sont plus marquées dans les régions méridionales (Espagne, Chypre, Malte et Grèce), les pays les moins concernés étant l'Estonie (20 %), la Lettonie et la Finlande (24 %). Conscients de l'impact des modes de production et de consommation d'énergie dans leur pays sur le réchauffement planétaire (82% des sondés), une majorité importante des citoyens européens (62%) voient dans les mesures adoptées au plan communautaire le meilleur moyen de s'attaquer aux problèmes liés à l'énergie, tandis que 32% seulement privilégient des mesures adoptées au niveau national. Dans ce contexte, quelque 83% d'entre eux sont d'accord pour que l'Union fixe un pourcentage minimal d'énergie produite à partir de sources renouvelables pour la consommation de chaque État membre. En outre, près de deux tiers des Européens (65%) estiment que l'Union est mieux à même de négocier l'approvisionnement et les prix de l'énergie pour l'ensemble des États membres, contre 26% qui préfèrent que leur gouvernement s'en occupe de manière indépendante.
L'enquête révèle par ailleurs que, ayant la certitude que les prix de l'énergie augmenteront sensiblement au cours des dix prochaines années, plus des trois quarts (76%) des citoyens européens estiment qu'ils devront modifier leurs habitudes de consommation énergétique au cours de la prochaine décennie tandis que 72% d'entre eux ont conscience qu'il leur faudra installer des équipements moins gourmands en énergie pour le chauffage, l'éclairage, le refroidissement. Notons sur ce dernier point que 80% des personnes sondées affirment que les performances énergétiques influencent leurs décisions d'achat d'appareils électroménagers et que la plupart d'entre eux citent les aides financières pour améliorer l'efficacité énergétique de leur habitat comme mesure qu'ils apprécieraient le plus des pouvoirs publics. D'autre part, 85% des personnes sondées estiment qu'il est essentiel de pouvoir véritablement choisir leurs fournisseurs d'électricité et de gaz. L'enquête révèle aussi que les Européens manifestent une forte solidarité sur la question de l'énergie: 79% d'entre eux sont prêts à accepter qu'en cas de pénurie subite de pétrole et de gaz, les États membres touchés puissent utiliser les réserves d'autres Etats membres de l'Union contre 17% qui y sont opposés. Enfin, l'enquête révèle qu'avec 61% d'entre eux qui estiment que sa part dans l'approvisionnement en énergie devrait être réduite, les citoyens européens rejettent massivement le nucléaire en raison des incertitudes sur la gestion des déchets nucléaires et des risques d'accident. Ils sont en outre unanimes (92%) à soutenir l'introduction de normes communes de sûreté très strictes pour toutes les installations nucléaires dans l'Union.
Le rapport est disponible à l'adresse: http: //ec.europa.eu/energy/energy_policy/index_en.htm. (eh)