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Bulletin Quotidien Europe N° 9374
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/lituanie

Valdas Adamkus ne ferme pas la porte des négociations avec la Russie mais veut garantir l'indépendance énergétique de son pays

Vilnius, 26/02/2007 (Agence Europe) - Sécurité et indépendance énergétique, relations avec la Russie: recevant à Vilnius le 23 février dernier un groupe de journalistes européens, le président lituanien Valdas Adamkus est revenu sur ces thèmes d'importance capitale pour les relations extérieures de son pays.

Alors que la Pologne y oppose toujours son veto (EUROPE n° 9373), le président lituanien s'est dit favorable au lancement des négociations, lors du prochain Sommet UE-Russie le 18 mai à Samara, pour un nouvel accord de partenariat et de coopération avec Moscou. M. Adamkus a assuré que, malgré les répercussions pour son pays de la récente querelle pétrolière entre la Russie et le Bélarus, Vilnius n'envisageait pas de se joindre à Varsovie et d'opposer son veto au lancement des pourparlers, dont l'issue dépend aussi de la levée des restrictions russes aux exportations de viande polonaise. « Nous espérons encore que les Russes vont régler les problèmes techniques et sont prêts à le faire », a expliqué le président lituanien à propos des interruptions de livraison de pétrole russe via le pipeline Druzhba (EUROPE n° 9337, 9339 et 9340). « Le problème de Druzhba est davantage un problème technique que politique », a-t-il ajouté. Des propos non confirmés par son Premier ministre, Gediminas Kirkilas, qui, peu après, a indiqué que la Lituanie s'était préparée à soutenir le veto de Varsovie « parce que la Pologne est notre premier partenaire stratégique ». « Politiquement, nous devons montrer notre solidarité avec les Polonais », a ajouté M. Kirkilas, soulignant en revanche que le « dossier Druzhba » n'était « pas un problème » pour Vilnius.

S'il ne ferme donc pas la porte aux négociations avec la Russie, le président lituanien a, en revanche, souligné l'attachement de son pays à ce que l'énergie ne soit pas « utilisée [par Moscou, NDLR] comme instrument politique pour développer des relations » entre les deux pays. « A cet égard, notre politique extérieure repose sur la compréhension et le respect entre nos deux pays », a-t-il ajouté. « Le principe de base que j'essaie de propager est que l'indépendance énergétique est une indépendance politique », a poursuivi M. Adamkus, expliquant que, dans ce contexte, Vilnius a décidé de lancer, en collaboration avec l'Estonie et la Lettonie récemment rejointes par la Pologne, un projet de construction d'une nouvelle centrale nucléaire à Ignalina (voir autre nouvelle) pour « garantir [l'] indépendance énergétique » du pays. « Nous ne voulons pas être une île isolée », a ajouté le président lituanien, précisant que Vilnius envisageait par ailleurs de nouvelles collaborations énergétiques dans le Sud Caucase, avec l'Azerbaïdjan et l'Arménie, la Turquie ainsi que des projets d'interconnexions électriques avec la Pologne (Powerbridge) et la Suède (Swindlit) en plus du raccordement électrique avec la Finlande via le Estlink récemment inauguré en Estonie.

M. Adamkus s'est par ailleurs dit fermement opposé au projet germano-russe de gazoduc sous-marin en mer Baltique. Le projet Nordstream (EUROPE n° 9362 et 9373) représente une « menace écologique majeure », a estimé le président lituanien, pointant notamment du doigt le problème des armes chimiques (gaz moutarde en particulier) datant de la deuxième guerre mondiale et reposant sous la Baltique. « Nous ne sommes pas seulement contre ce projet d'un point de vue politique », a expliqué M. Adamkus, confirmant toutefois le sentiment de dépit de Vilnius devant un projet qui entreprend de contourner les trois Etats Baltes ainsi que la Pologne. « Je suis contre ce projet qui expose la région à de sérieux problèmes », a poursuivi le président lituanien, avant d'ajouter: « J'espère que les études de faisabilité et les évaluations d'impact montreront que ce projet est impensable ». S'il est aussi opposé à ce que la Banque européenne d'investissement (BEI) ne soutienne un tel projet, M. Adamkus a en revanche estimé que la position lituanienne ne conduirait pas à une déterioration des relations de Vilnius avec Berlin. (eh)

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