Bruxelles, 26/02/2007 (Agence Europe) - Les divergences sur le volet agricole des négociations de Doha demeurent trop importantes pour que le processus multilatéral reprenne à Genève où les discussions vont se poursuivre aux plans bilatéral et plurilatéral, a indiqué vendredi le président du Comité de négociations agricoles à l'OMC, Crawford Falconer. L'ambassadeur néo-zélandais auprès de l'OMC a toutefois appelé à une reprise des négociations « dans les semaines plutôt que dans les mois à venir » et assuré qu'il proposera prochainement un nouveau texte de compromis sur les modalités en agriculture. Par ailleurs, de source proche du dossier, le Groupe de Cairns (Australie, Canada et Nouvelle-Zélande) préparerait un document sur les produits sensibles et les produits tropicaux tandis que les pays émergents du G-20 élaboreraient un texte précisant leur position pour la nouvelle phase des négociations sans faire aucune nouvelle proposition néanmoins. En outre, le traitement des produits sensibles (pays développés) et des produits spéciaux (pays en développement) continue à faire l'objet de divergences prononcées entre ces deux groupes de pays: au cours de la dernière réunion du Comité de négociations agricoles, la semaine dernière, le représentant indien s'est opposé à ce que les exceptions pour les produits sensibles soient mises sur le même plan que les produits spéciaux. Par ailleurs, des représentants du G-4 (Union, Etats-Unis, Brésil et Inde) se sont réunis « secrètement » la semaine dernière à Londres pour tenter de rapprocher leurs vues sur les chiffres d'un compromis concernant la réduction des droits de douane agricoles et des soutiens internes en vue d'un accord en avril ou mai.
Par ailleurs, en visite à Manille le 23 février dernier, le directeur général de l'OMC Pascal Lamy a appelé de ses vœux une percée dans les négociations « d'ici juillet » prochain. « Si un progrès n'est pas réalisé d'ici l'expiration à la fin du mois de juin du mandat de négociation américain (Fast track), nous retournerons là où nous étions avant l'échec de juillet dernier », a-t-il averti. Estimant que « le modèle de base » pour un compromis sur les modalités en agriculture et sur les produits manufacturés (NAMA) était « déjà établi » et qu'il ne restait « plus qu'à se mettre d'accord sur les chiffres précis », M. Lamy a confirmé que les pays du G-4 se consultaient « discrètement pour y parvenir ».
Notons enfin que par la voix de son ministre du Commerce, l'Australie a de nouveau critiqué la tactique de négociation du Commissaire au Commerce Peter Mandelson que Warren Truss a accusé d'essayer de « bâtir une coalition de pays qui ne sont pas intéressés par les réformes [agricoles] » et de vouloir « amener [Canberra] à un compromis inacceptable ». La proposition de M. Mandelson de réduire de 50% les droits de douane agricoles « est sans intérêt pour les produits clés australiens comme les produits laitiers, l'agneau, le bœuf et le sucre » et ne « va pas suffisamment loin ». « Je crains qu'il cherche à développer une coalition de soutien [avec certains groupes de pays en développement] autour d'un résultat relativement pauvre », a indiqué M. Truss au quotidien Financial Australian Review du 20 février, avant de conclure: « je crois que [M. Mandelson] veut rejoindre ces pays qui ne veulent pas apporter une vraie contribution » au round. (eh)