Bruxelles, 15/12/2006 (Agence Europe) - La Commission européenne a adopté, vendredi 15 décembre, une proposition visant à supprimer, à compter du 1er novembre 2007, le maïs de la liste des céréales pouvant bénéficier de l'intervention. La proposition est transmise au Conseil et au Parlement pour adoption, et les professionnels sont déjà mobilisés contre le projet. Une compensation sera offerte à la Hongrie qui est l'Etat membre le plus directement touché par la suppression de cet outil de gestion. La Commission va, en effet, proposer d'alléger au cours des deux prochaines années les coûts financiers résultant des achats publics de blé tendre et d'orge dans les Etats membres ayant des taux d'intérêt élevés.
« Si nous n'opérons pas cette modification, les stocks publics continueront d'augmenter et de nombreux agriculteurs de cultiver du maïs uniquement dans la perspective de le vendre pour le stockage public L'expérience du seigle montre que la suppression de l'intervention pour cette céréale en 2003 a permis de dynamiser le marché et d'offrir de meilleurs prix aux agriculteurs. Même après l'adoption de cette mesure concernant le maïs, les céréaliers continueront de bénéficier de l'intervention fonctionnant comme filet de sécurité pour d'autres céréales importantes comme le blé et l'orge», explique Mariann Fischer Boel, la Commissaire à l'Agriculture.
Les données montrent qu'à la fin de la campagne 2005/2006, les stocks d'intervention de maïs communautaires atteignaient le chiffre record de 5,6 millions de tonnes, soit près de 40% du total des stocks d'intervention. L'essentiel (93%) du maïs d'intervention est à présent stocké en Hongrie. Sans modifier le système actuel d'intervention, les stocks publics de maïs pourraient totaliser 15,6 millions de tonnes en 2013. Or, les possibilités d'écouler des stocks d'intervention de maïs en croissance exponentielle sont limitées. La Commission a déjà adopté des critères d'éligibilité plus rigoureux afin de permettre un meilleur stockage à long terme du maïs, mais « ceci ne résout toutefois pas définitivement le problème, dans la mesure où il ne permettra pas de freiner la croissance des stocks d'intervention de maïs », explique la Commission. La suppression de l'intervention pour le maïs permettrait de réaliser une économie de 617,8 millions d'euros sur la période 2008-2014. La dépense annuelle tomberait en dessous des 300 millions d'euros à partir de 2008 et en dessous des 200 millions d'euros à partir de l'exercice 2012 (contre plus de 300 millions d'euros actuellement). L'expérience acquise avec le seigle montre que le retrait de cette céréale de l'intervention en 2003 s'est traduit par une production plus axée sur le marché et des prix plus rémunérateurs.
Selon les organisations professionnelles agricoles de l'UE (Copa et Cogeca), la Commission manque cruellement de cohérence. « Elle nous dit d'un côté que l'intervention sera discutée lors du bilan de santé de 2008 et, de l'autre, elle propose la suppression quasi immédiate de l'intervention pour le maïs. C'est incompréhensible », disent-elles, en espérant que le Conseil refusera le projet en l'état. (lc)