Bruxelles, 05/12/2006 (Agence Europe) - La Pologne est le seul Etat membre parmi les Vingt-cinq à avoir bloqué un texte sur le transfèrement des détenus au sein de l'UE, a déclaré lundi la Présidence finlandaise, à l'occasion du Conseil Justice et Affaires intérieures. « Un seul Etat membre s'est opposé à l'adoption de ce texte (…) il s'agit de la Pologne », a indiqué lundi soir la ministre de la Justice finlandaise Leena Luhtanen, qui présidait pour la dernière fois le Conseil de l'UE. La proposition de décision-cadre vise à faciliter le transfert de prisonniers incarcérés vers un Etat membre dont ils sont ressortissants ou dans lequel ils résident de façon permanente. La proposition a notamment pour but d'assurer une meilleure réinsertion du prisonnier dans le pays où il a ses attaches. Bien que les ministres de la Justice soient arrivés à un accord sur le contenu du texte, la Pologne s'est opposée au texte pour une question de principe. « La Pologne est contre le principe d'automaticité d'un tel transfert qui aurait pour principale conséquence de faire gonfler la population carcérale sur son sol », a précisé une source diplomatique. « C'est une approche très décevante de la part de la Pologne. La Présidence avait pourtant offert à la Pologne de prolonger le délai de mise en œuvre de la décision», a regretté le Commissaire européen en charge de la Justice Franco Frattini.
M. Frattini a également déploré qu' « aucun résultat » n'ait pu être atteint sur la proposition de décision-cadre de 2004 relative aux normes minimales communes sur les garanties procédurales pénales. Plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, l'Irlande et Malte, refusent en effet de s'engager vers une harmonisation européenne des procédures pénales.
Pendant le déjeuner de lundi, les ministres ont eu une discussion sur les « jeux violents ». Celle-ci faisait suite à la lettre que M. Frattini avait envoyée mi-novembre aux ministres de l'Intérieur des Vingt-cinq, ainsi qu'à la Roumanie et à la Bulgarie, pour leur demander d'interdire la vente d'un jeu vidéo jugé trop violent pour les enfants - « Rule of Rose ». Lors d'une conférence de presse, le Commissaire a annoncé qu'il allait convoquer début 2007 le forum européen permanent sur les droits de l'enfant pour envisager « la manière de prévenir et d'éradiquer » les jeux vidéo violents. Il a indiqué vouloir persuader les fabricants de ces jeux qu'il était contre-productif de les diffuser. (lc)