Bruxelles, 05/12/2006 (Agence Europe) - La Commission européenne a présenté, mardi 5 décembre, ses propositions sur les possibilités de pêche en 2007, qui prévoient de réduire drastiquement les totaux admissibles de captures (TAC) de cabillaud, et de poissons plats en mer du Nord (plie et sole) et de ne pas exploiter l'année prochaine, du moins avant le feu vert des scientifiques, certaines espèces à courte durée de vie comme l'anchois (golfe de Gascogne), le sprat et le lançon de la mer du Nord. Les nouvelles sont bien meilleures pour d'autres espèces, comme le merlu du nord, la sole du golfe de Gascogne ou encore certains stocks de lotte.
Lors d'une conférence de presse, Joe Borg, le Commissaire européen à la Pêche, a déclaré que malgré les mesures de protection mises en place depuis plusieurs années, les stocks de cabillauds en mer du Nord et d'Irlande, en Ouest Ecosse et en Manche Est et dans les eaux danoises ne parviennent pas à se reconstituer. Il a annoncé la révision, au cours de l'année prochaine, du plan de reconstitution des stocks de cabillaud couvrant ces zones de pêches. La plie et la sole en mer du Nord, des stocks pour lesquels la Commission a proposé la mise en place de plan de gestion sur plusieurs années, sont aussi surexploitées. Les espèces à courte durée de vie, comme l'anchois dans le golfe de Gascogne ainsi que le sprat et le lançon en mer du Nord « continuent de nous causer des soucis ». Toutefois, le Commissaire s'est félicité de la situation bien meilleure que connaissent certains stocks couverts par des plans de reconstitution, comme: - le stock nord de merlu (Ouest des îles britanniques et golfe de Gascogne), pour lequel la Commission autorise une hausse de 15% des captures entre 2006 et 2007 ; - la sole dans le golfe de Gascogne (+12% de prises). Les nouvelles sont meilleures au sujet du maquereau, a ajouté le Commissaire.
Le défi pour la Commission, lorsqu'elle est confrontée aux avis des scientifiques (souvent peu optimistes sur l'avenir de la ressource: NDLR), est de trouver « le juste équilibre » entre les besoins biologiques des stocks surexploités et les réalités socioéconomiques des flottes de pêche. Il a reconnu que cet exercice « n'est pas une tâche facile », car l'UE s'est engagée à préserver ou atteindre une pêche durable. La Commission respecte, dans certains cas, ses engagements de ne pas proposer plus de 15% de variations (à la hausse ou à la baisse) des TAC d'une année sur l'autre. Mais, lorsque les stocks sont en mauvais état, « il est nécessaire d'aller plus loin dans les réductions » de quotas, a rappelé M. Borg. Enfin, le Commissaire a énuméré certains développements qui l'incitent à l'optimisme: la participation toujours plus active des milieux intéressés grâce aux Conseils consultatifs régionaux (CCR), ces derniers devenant, selon M. Borg, une partie intégrante du processus de gestion de la pêche ; - l'engagement de plus en plus fort des Etats membres et du secteur en faveur de la lutte contre les activités illégales de pêche (la Commission compte présenter, l'année prochaine, une « initiative pour traiter ce problème ») ; - la lutte contre la pêche illégale connaît des succès au niveau international plusieurs organisations régionales de pêche, comme la Commission des pêches de l'Atlantique du Nord-Est (CPANE) ont récemment renforcé les mesures de contrôle ; - les professionnels présentent des initiatives pour améliorer la sélectivité des engins ou adopter de nouvelles mesures de gestion.
Espèces couvertes par des mesures de reconstitution: la Commission propose, pour le cabillaud (mer du Nord, mer d'Irlande, Ouest Ecosse, Manche Est, Skagerrak et Kattegat), de réduire les quotas de 25%, sauf en mer du Nord, une zone dans laquelle l'UE et la Norvège sont convenues d'une diminution des captures de 14% (EUROPE n° 9320). Elle propose de réduire de 25% les jours de pêche autorisés pour la pêche au cabillaud. Le plan pour le merlu du Nord a porté ses fruits. Dès lors, la Commission autorise une hausse de 15% du TAC pour tous ces stocks (mer du Nord, Ouest Ecosse, Manche, mer Celtique, golfe de Gascogne). Par contre, les avis scientifiques ne sont pas bons pour le merlu et la langoustine capturés plus au sud par les navires espagnols et portugais. La Commission suggère de réduire de 10% les TAC ainsi que les jours de mer (soit de 20 en 2006 à 18 jours par mois). Pour la sole dans le golfe, elle propose d'augmenter de 12% le TAC à 4540 tonnes. Pour la sole en Manche Ouest, la Commission table sur une réduction des captures de 4,2% et des sorties en mer de 20% (de 18 à moins de 15 jours/mois).
Espèces pélagiques: la Commission propose de réduire les TAC de hareng (- 35% en mer Celtique, - 25% en mer du Nord et - 15% dans le Skagerrak et le Kattegat). Elle annonce aussi des droits de pêche moins importants l'année prochaine pour le merlan bleu. Elle propose des augmentations de plus de 10% pour le maquereau en mer du Nord.
Mesures techniques: la Commission a autorisé les pêcheurs néerlandais à utiliser leur filet à perche électrique pour capturer la sole et la plie. Cette technique, jusqu'alors interdite par l'UE depuis 10 ans, est décriée par les écologistes, mais présente l'avantage de réaliser des économies de carburant. (lc)