Bruxelles, 05/12/2006 (Agence Europe) - Angela Merkel et Jacques Chirac ont renoncé, mardi à Mettlach, à demander une nouvelle échéance pour qu'Ankara se conforme à ses obligations en matière d'union douanière, mais souhaitent un réexamen de la situation entre 2007 et 2009. « Notre but est que le protocole d'Ankara soit mis en œuvre », a déclaré la chancelière allemande lors d'une conférence de presse à l'issue de sa rencontre avec les présidents français et polonais. « Nous ne souhaitons pas fixer un quelconque ultimatum » à la Turquie, a-t-elle poursuivi, alors que l'idée de prévoir une clause de rendez-vous pour inciter la Turquie à ouvrir ses ports et aéroports aux navires et avions chypriotes avait été évoquée (EUROPE n° 9320 notamment). Une éventualité qui avait échaudé Ankara et qui avait poussé le Commissaire chargé de l'élargissement à appeler Paris et Berlin à la prudence. « La position de la France est exactement celle décrite par la chancelière et je pense que celle de la Pologne n'est pas très éloignée », a pour sa part ajouté M. Chirac. La Commission serait ainsi invitée à examiner la situation entre l'automne 2007 (après les élections turques et le prochain rapport de progrès de la Commission) et avant les élections au Parlement européen de mai 2009, a expliqué Mme Merkel. Les propositions de la Commission « nous semblent constituer une bonne base pour les délibérations » du Conseil européen, a-t-elle ajouté.
Dans une déclaration commune, les trois dirigeants ont par ailleurs réaffirmé « l'importance de la Russie comme partenaire stratégique », plaidant pour « un partenariat à long terme avec la Russie fondé sur des intérêts communs et des droits égaux, en particulier dans les secteurs de l'énergie et du commerce ». S'il assure que la France et l'Allemagne lui ont renouvelé leur solidarité, Leich Kaczynski n'a montré aucune intention de lever le veto à l'ouverture des pourparlers en vue d'un nouvel accord de partenariat avec Moscou. (ab)