Bruxelles, 23/11/2006 (Agence Europe) - Le Sommet UE/Russie de ce vendredi ne pourra pas, comme initialement prévu, donner le coup d'envoi aux négociations sur un nouvel accord de partenariat UE/Russie. La Pologne a en effet maintenu son veto lors d'une ultime réunion du Coreper jeudi après-midi, empêchant ainsi l'unanimité requise des Vingt-cinq en faveur de l'ouverture des pourparlers avec Moscou. La Présidence finlandaise et la Commission avaient pourtant multiplié leurs efforts en vue de convaincre Varsovie de lever son veto, essentiellement motivé par l'embargo russe sur les importations de viande et d'autres produits agricoles polonais. La Présidence avait proposé que l'UE fasse accompagner sa décision de deux courtes déclarations: l'une demandant à la Russie de lever cet embargo le plus vite possible, l'autre soulignant le fait que les négociations sur l'accord de partenariat, une fois ouvertes, pourraient être suspendues à tout moment si l'embargo n'était pas levé rapidement. Le président de la Commission, José Manuel Barroso, a même appelé le président polonais Lech Kaczynski mercredi soir pour le convaincre d'accepter le compromis. Jeudi, au Coreper, la Présidence a encore proposé d'ajouter une déclaration polonaise sur l'importance de la sécurité énergétique et du traitement égal de tous les Etats membres de l'UE par la Russie - mais en vain. « Nous n'avons pas réussi à trouver un compromis. Le Sommet ne lancera pas les négociations », a commenté un porte-parole de la Présidence. « Le calendrier était un peu serré (avant le Sommet) et il reste encore des points à discuter. Mais nous allons poursuivre le travail parce que c'est un accord très important », a déclaré l'ambassadeur de Finlande auprès de l'UE, Eikka Kosonen. Le temps ne presse pas outre mesure car Russes et Européens ont déjà convenu que l'actuel Accord de Partenariat et de Coopération (APC), qui doit normalement expirer en novembre 2007, restera d'application aussi longtemps que le nouvel accord ne sera pas entré en vigueur.
Sur le fond, la Commission défend la Pologne contre l'embargo russe sur la viande et les autres produits agricoles qu'elle estime « disproportionné », mais elle estime que bloquer l'ouverture des négociations sur l'accord de partenariat n'est pas le meilleur moyen de résoudre le problème. La Commission propose plutôt des consultations triparties (UE/Pologne/Russie) pour examiner le bien-fondé des inquiétudes russes vis-à-vis des produits polonais.
La Commission s'insurge aussi avec force contre la menace russe d'étendre l'embargo à tous les pays de l'UE, après l'adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie le 1er janvier prochain. Une telle mesure serait « totalement injustifiée », insiste la Commission. (hb)