login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9313
Sommaire Publication complète Par article 17 / 37
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/jai/immigration

L'UE et l'Afrique souhaitent une coopération plus vaste en matière d'immigration, mais des tensions restent palpables

Bruxelles, 23/11/2006 (Agence Europe) - Les ministres européens et africains ont souligné mercredi et jeudi à Tripoli la nécessité d'une coopération plus large sur l'immigration. Mais jeudi après-midi, les négociations au sujet de la création d'un fonds de développement proposée par les pays africains n'avaient toujours pas abouti.

Dans un projet de déclaration conjointe, que les ministres devaient adopter jeudi soir, les Etats africains et de l'UE s'engagent « à promouvoir un partenariat entre les pays d'origine, de transit et d'accueil pour une meilleure gestion de la migration d'une manière globale ». Africains et Européens reconnaissent en premier lieu être confrontés à « des défis similaires ». Le projet de texte couvre notamment les migrations légales et l'immigration clandestine, l'exode des cerveaux, le lien entre migrations et développement, la protection des réfugiés ainsi que les problématiques plus larges de la paix, de la sécurité et des droits de l'Homme. Ils reconnaissent tous la nécessité de « trouver des solutions concrètes aux problèmes posés par les flux migratoires irréguliers en réglementant l'afflux des migrants en provenance de l'Afrique dans le contexte d'un partenariat authentique (…) afin de réaliser un développement global et durable ». L'UE y réaffirme son engagement d'augmenter l'aide aux pays en développement de 0,56% du PIB en 2010 et de 0,7% en 2015, et d'allouer à l'Afrique au moins 50% de cette augmentation. Jeudi en fin d'après-midi, les deux parties étaient toujours à la recherche d'un consensus sur la réadmission des immigrés clandestins dans leurs pays d'origine. Les pays africains refusent la mention de l'accord de Cotonou dans la déclaration finale. Cet accord conclu en 2000 par le groupe des Etats d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique d'une part, l'UE et ses Etats membres d'autre part, prévoit des accords régissant les obligations spécifiques en matière de réadmission. « C'est la politique de la carotte et du bâton », a estimé le ministre de l'Interieur du Niger, Mounkaila Modi, selon AFP. « Cet aspect est un des éléments cruciaux pour que l'Union puisse lutter efficacement contre l'immigration illégale», a confié une source européenne. Le texte de la déclaration envisageait aussi la création d'un mécanisme de suivi, notamment en donnant mandat aux Commissions UA-UE de définir une Feuille de route de la Déclaration conjointe. Tous les trois ans, une réunion de la Conférence ministérielle UE-Afrique devrait également être organisée dans le but de procéder à un réexamen périodique de la migration et du développement dans le contexte du Dialogue général Afrique-UE.

La conférence devait aussi adopter le plan d'action de Ouagadougou dans lequel les pays de l'UE et de l'UA se montrent « déterminés », à travers une « coopération efficace », à combattre le trafic d'êtres humains, en particulier des femmes et des enfants. Les Etats devaient s'engager notamment à signer, ratifier et appliquer pleinement la Convention de l'ONU contre le crime organisé et son protocole additionnel sur la lutte contre la traite des êtres humains, mais aussi à mettre tout en œuvre pour prévenir un tel trafic et pour apporter l'aide et la protection nécessaires aux victimes de la traite.

L'Union européenne a affirmé jeudi son opposition à la création d'un fonds spécial de développement destiné à la lutte contre l'immigration clandestine, proposé par les Africains à la Conférence euro-africaine de Tripoli sur l'immigration. Le Commissaire européen au développement, Louis Michel, estimant qu'un tel fonds réduirait les moyens destinés aux politiques de développement en Afrique. La Commission européenne donnera son accord pour un fonds de financements additionnels, mais pas « aux dépens de ceux consacrés à l'aide au développement », a souligné M. Michel au cours d'une conférence de presse. Selon le ministre marocain des Affaires étrangères, Mohamed Ben Aissa, les Européens sont plus en faveur de mécanismes de financement de micro-projets que de la création d'un fonds spécial de développement.

Le ministre finlandais des Affaires étrangères, Erkki Tuomioja, dont le pays assure la Présidence tournante de l'UE, avait fait valoir à l'ouverture de la conférence « l'engagement total de l'UE pour le développement en Afrique ». « L'UE accorde une grande importance aux approches régionales sur la migration », a indiqué M. Tuomioja, soulignant la nécessité d'identifier des actions communes sur les migrations suivant des itinéraires spécifiques.

Le vice-président de la Commission européenne, Franco Frattini, a quant à lui souligné la nécessité d'ouvrir le marché européen du travail aux migrants africains, en adoptant un système de quotas tenant compte des besoins de chaque pays. « Les quotas continueront à être fixés par les Etats membres de l'UE », a-t-il indiqué, espérant qu' « il sera possible, pour la Commission, de connaître les besoins de chacun des Etats membres afin de les utiliser comme un instrument de négociation avec les pays africains, en offrant à leurs populations de réelles opportunités d'emploi, de formation, et de circulation ».

Lors du dîner de mercredi entre les ministres, le Colonel Mouammar Kadhafi a rappelé que l'immigration était un fait historique et que les gouvernements devaient l'accepter s'ils voulaient contrôler l'écoulement des demandeurs d'emploi migrant d'Afrique vers l'Europe. Vouloir lutter contre ce phénomène est une « action contre la nature ». « C'est comme ramer contre le courant », a-t-il conclu.

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES