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Bulletin Quotidien Europe N° 9306
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/uef/avenir de l'europe

Les fédéralistes doivent « pousser la classe politique à clarifier le projet européen », affirme Jo Leinen - Pour Gérard Deprez, il est crucial de modifier le système de ratification des traités

Bruxelles, 14/11/2006 (Agence Europe) - « Les fédéralistes sont les seuls qui ont une vision de l'intégration européenne, et ce depuis soixante ans », a affirmé le parlementaire européen Jo Leinen, président de la commission constitutionnelle du Parlement européen et ancien président de l'Union des Fédéralistes Européens (UEF), lors de la présentation, la semaine dernière à Bruxelles, du recueil L'Europe, notre Etat souverain en devenir. Avenir de l'Europe et Citoyenneté: actions et réflexion des Fédéralistes européens, publié par la section belge francophone de l'UEF à la mémoire du député européen Fernand Herman (voir la recension dans la Bibliothèque européenne N° 9297/706 datée 31 octobre 2006). Selon le social-démocrate allemand, « la grande misère depuis quinze ans est le manque de clarté sur le projet européen », qui a entraîné dans l'opinion publique « scepticisme, frustration, absentéisme ». Les fédéralistes « ont un grand travail à faire pour pousser la classe politique à clarifier le projet et donner une vision », a-t-il fait valoir, en remarquant: l'occasion en sera offerte par le 50ème anniversaire des Traités de Rome, en mars 2007, avec « la déclaration de Berlin - malheureusement pas de Rome, mais la présidence du Conseil est allemande ». A cette occasion, les 27 devront « confirmer que l'idée originale d'une Union politique avec une base démocratique est toujours valable », insiste M. Leinen. « Tous les défis de notre temps sont des défis européens », il faut le rappeler aux citoyens et l'Europe « doit avoir les compétences et les instruments pour agir, pas seulement pour parler », martèle M. Leinen, qui rappelle que, comme président de la commission des affaires constitutionnelles du PE, il « lutte » pour que, malgré les difficultés, le traité constitutionnel soit mis en œuvre.

Je suis « un partisan acharné de la Constitution », a enchaîné le député européen Gérard Deprez (ALDE, belge), tout en nuançant: peut-être faudrait-il aujourd'hui « une approche plus prudente », le choix d'un « petit traité sur les aspects institutionnels ». De toute façon, M. Deprez est « sûr d'une chose »: si on veut progresser à l'avenir, il faut modifier le système de ratification des traités: selon lui, « la revendication cardinale des fédéralistes » devrait être de passer de l'exigence de l'unanimité à une ratification par une majorité d'Etats (pourquoi pas une majorité qualifiée) correspondant à une majorité de la population. Le livre que nous présentons aujourd'hui, note M. Deprez, confirme que l'intégration européenne a progressé « par bonds », chaque fois sur une chose à laquelle la majorité ne croyait pas, que ce soit l'élection des députés européens au suffrage universel ou la monnaie commune (au début, « on n'osait pas parler de monnaie unique »), mais qui finalement a réussi. C'est ce dont nous avons besoin aujourd'hui, estime l'élu européen belge, qui avoue: « Le cœur de la vieille Europe me préoccupe ». En reconnaissant à Jean-Claude Juncker, qui a contribué à l'ouvrage de l'UEF-Belgique, le « courage de reconnaître que l'Europe traverse une crise sérieuse », M. Deprez a indiqué qu'il s'efforce « de rencontrer chaque semaine des groupes de jeunes ou d'autres citoyens pour parler de l'Europe », et que ces rencontres lui ont permis de « mettre le doigt sur trois choses qui sont au cœur des difficultés »: - « la zone euro n'a pas répondu aux espérances », elle est celle où la croissance est la plus faible de toute l'OCDE. Ceci renforce, selon lui, les arguments des fédéralistes: « il ne peut pas y avoir d'intégration monétaire sans intégration économique, pas d'intégration économique sans gouvernement économique, pas de gouvernement économique sans gouvernement européen » ; - « les gens ne croient pas à une Europe qui n'a pas de fin qui s'élargit dans une direction qu'ils ne sont pas prêts à assumer », d'où la nécessité d'une « pause réelle dans l'élargissement » ; - les Européens, « à tort ou à raison, ont l'impression que l'Europe ne les protège pas assez », que ce soit contre les effets de la mondialisation, le terrorisme ou le problème de l'immigration. Lorsqu'on me pose ces problèmes, conclut M. Deprez, je dis à mes interlocuteurs: « si vous avez ces angoisses-là, vous devriez être des fédéralistes ».

Dans son introduction, Jean-Jacques Schul, vice-président de l'UEF/Belgique, a noté que « seul un gouvernement de type fédéral peut sortir l'Europe de contradictions », en citant le philosophe belge Alexis Curvers qui écrivait en 1957 dans Tempo di Roma: « Confier l'intégration européenne aux dirigeants nationaux revient à confier la vente de fermetures éclair à des producteurs de boutons ». (mg)

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