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Bulletin Quotidien Europe N° 9306
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/euromed/femip

La BEI mise sur les transports pour favoriser l'intégration régionale mais met l'accent sur le besoin de parfaire les modes de financement

Monaco, 14/11/2006 (Agence Europe) - La Banque européenne d'investissement a réuni, les 9 et 10 novembre à Monaco, des ministres des Transports de pays de la rive sud de la Méditerranée, des hauts fonctionnaires et experts des secteurs du transport et financier. L'objectif de la conférence était d'unir les efforts de tous les pays riverains et des secteurs privés concernés dans une stratégie globale de développement des infrastructures. Les représentants de la Banque et la plupart des orateurs invités, dont le Commissaire au transport, Jacques Barrot (voir EUROPE n° 9304), ont affirmé que le développement de ce secteur est essentiel pour asseoir la crédibilité du projet de zone de libre-échange entre l'UE et ses voisins et, aussi, pour favoriser une intégration régionale « Sud-Sud ». Pour les professionnels, l'intérêt est davantage d'accélérer le développement des infrastructures, notamment de Hubs (ports d'éclatement) et de prolonger les réseaux de transports européens jusqu'en Méditerranée pour faire face à une expansion attendue liée à la croissance des échanges entre la Chine et l'Europe et avec l'Occident en général. Selon les experts auditionnés, une part très significative du commerce en développement avec la Chine transitera par la Méditerranée (Canal de Suez). L'engorgement des ports du Pacifique amènera aussi les Américains à prendre la voie de la Méditerranée. De même, la croissance des échanges avec la Russie et l'Asie autrefois soviétique viendra intensifier les flux de transports, en particulier de fret transitant par la Méditerranée. L'émergence escomptée du commerce des Balkans viendra renforcer le trafic de marchandises dans l'Adriatique, jusqu'à présent réservée au commerce italien avec l'étranger. Le Commissaire Barrot, très présent et intervenant fréquemment au cours des débats, a annoncé des initiatives nouvelles de la Commission dans ce domaine. Des ministres de la rive sud et d'Italie ont également souligné le besoin accru d'un développement des infrastructures portuaires s'attendant, ont-ils affirmé, à une croissance substantielle du trafic maritime touristique (la demande de croisières serait dans une tendance ascendante). Une présentation du projet de grand port de fret à Tanger (Maroc), qui deviendrait un des plus importants points de transit de marchandises, autant qu'Algésiras ou les ports maltais, a été faite.

Ce développement doit être global, ont souligné la quasi-totalité des intervenants et couvrir non seulement les ports mais tout ce qui est lié à leurs activités spécifiquement maritimes. Cela vaut pour tout ce que le mot « hinterland » désigne et un des principaux responsables des chemins de fer italiens a exposé la stratégie ambitieuse conçue dans son pays pour relier les ports aux grands centres de production ou de commerce du pays, en particulier l'axe Milan-Rome-Naples. Le ministre marocain a souligné aussi le besoin d'un développement parallèle du transport aérien. Son pays s'est engagé pleinement dans le programme « ciel ouvert » européen et un accord est en attente de signature.

La question cruciale demeure celle du financement, public mais surtout privé. La région ne manque pas d'argent mais les financiers privés ont besoin de sécurité juridique et de décisions moins politiques en matière de prix, ont affirmé, en résumé, plusieurs représentants des secteurs financiers qui ont confirmé la tiédeur actuelle de leur engagement dans les investissements dans les transports. Pourtant, souligne la BEI, « la réalisation du système de transport et de logistique intégré à l'échelle régionale exigera des investissements substantiels ». La recommandation faite au terme de la conférence est de « renforcer la capacité des institutions financières internationales à prendre des risques pour le financement d'infrastructures, voire à mettre en place des structures de garantie couvrant le 'risque de législation' ». Elle est aussi de « faciliter l'accès des opérateurs (privés ou d'économie mixte) à des financements en monnaie locale » et « l'ouverture des marchés financiers à des emprunteurs non-résidents ». Pour sa part, la BEI entend poursuivre son « rôle traditionnel » via la FEMIP (Facilité euro-méditerranéenne d'investissement et de partenariat), indique Philippe de Fontaine Vive, son vice-président mais elle compte ouvrir un chapitre nouveau qui serait d'agir « en amont ». Elle s'emploiera ainsi, dit-il, à amener les pays de la région à ne plus concevoir de projets que dans une perspective régionale afin de se prémunir contre les « double emploi » et d'éventuelles rivalités. Le cas le plus cité est celui de l'autoroute transmaghrébine, chaque pays s'engageant à construire des tronçons nationaux qui soient dans un prolongement utile pour toute la zone et servant à la fois les principaux centres économiques et les grands ports. (fb)

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