Strasbourg, 14/11/2006 (Agence Europe) - Prospérité, solidarité, sécurité, et une voix plus forte dans le monde: pour la Commission européenne, ces objectifs stratégiques doivent se concrétiser, en 2007, par 21 « initiatives stratégiques » dans une série de secteurs clés (voir EUROPE No 9293). « C'est notre programme politique », a déclaré José Manuel Barroso en présentant mardi au Parlement européen, sous la devise «Consolider 50 ans de réalisations », le programme de travail de la Commission pour 2007. Une première: ce programme est complété par des initiatives en matière de simplification et par une liste de priorités concernant la communication avec les citoyens (souhaitées en particulier par le Parlement européen).
La panne d'électricité qui a frappé il y a une dizaine de jours des millions d'Européens a été « éclairante » … quel puissant argument pour « davantage d'Europe », une Europe où il ne faut plus parler de « vieux » et de « nouveaux pays membres, a déclaré M. Barroso. Dans les siècles à venir, affirme-t-il, les historiens reconnaîtront que l'élargissement de l'UE a été la contribution la plus significative à la sécurité et la paix dans le monde. Et la Commission, « ma Commission », a joué un rôle important dans ce processus, a-t-il souligné.
La liste d'initiatives que nous présentons est plus courte, plus politique, affirme le président de la Commission, en confirmant qu'une révision à mi-chemin est prévue. Sans évoquer chaque chapitre,
M. Barroso a évoqué l'énergie (le but ultime restant celui d'une politique commune de l'énergie), la politique de migration, la réalisation du marché unique (avec un accent particulier, entre autres, sur l'industrie de la défense), les services d'intérêt général. Au-delà de ces priorités, il faut « affirmer ce qui nous unit »: et
M. Barroso se félicite du fait que la future Présidence allemande, consciente du coût que représente l'absence d'une Constitution, veut faire de ce dossier l'une de ses priorités. C'est en faisant face à ces questions que l'Union prouvera, cinquante ans après la signature du traité de Rome, qu'elle est capable de « se réinventer ».
Il y a beaucoup de bonnes choses dans ce programme, constate, pour le PPE/DE, Françoise Grossetête, en estimant toutefois que l'existence de deux listes (après une révision a mi-chemin) et la programmation sur l8 mois risque de ralentir certaines réalisations. Mme Grossetête s'inquiète aussi d'une éventuelle prolifération des agences: « faut-il », se demande-t-elle, « 27 agences parce que l'Union a 27 pays membres ? ». Sur le papier, tout ce que propose la Commission est formidable, même si l'on peut avoir une certaine impression de déjà vu, constate Martin Schulz, au nom du groupe socialiste: pourquoi tout ceci ne suscite pas l'enthousiasme des citoyens ? Parce que, estime-il, on entend trop la voix des ultra-libéraux qui plaide pour la dérégulation. Silvana Koch-Merin, pour le groupe ALDE, est plus critique: le programme de la Commission est un « puzzle » qui ne dégage pas une image cohérente, et qui comporte trop de lacunes. Pourquoi, se demande-t-elle, il ne dit pas un mot sur l'aide humanitaire et l'aide au développement, qui sont des politiques si importantes de l'Union ? « Union dans la diversité », bon slogan, commente, pour les Verts/ALE, Pierre Jonckheer, en ajoutant que l'Union a maintenant plus besoin d'Union que de diversité. En demandant à la Commission européenne de se faire l'étendard de cette union, sans « anticiper » les faiblesses et les divisions du Conseil. Concrètement, M. Jonckheer souhaite des dispositions contraignantes en ce qui concerne la défense de l'environnement, et le maintien de la « lutte contre le nucléaire ». Pour la GUE/NGL, Gabriele Zimmer s'inquiète d'une entrée « par la porte de service » de l'industrie de la défense dans le marché unique: la Commission européenne a-t-elle vraiment le droit de le faire ? Pour le groupe Union pour une Europe des nations, Brian Crowley a regretté l'absence d'un cadre législatif susceptible de concrétiser l'agenda de Lisbonne (mais il se félicite de la création de l'Institut européen de technologie). M. Crowley a défendu aussi le rôle des Etats membres dans le domaine de la fiscalité: personne ne peut dire à un pays si augmenter ou réduire ses impôts. Infatigable défenseur de la simplification administrative, le président du groupe Indépendance et démocratie, Jens-Peter Bonde, fait une proposition qui apporterait, à son avis, davantage de clarté: les documents devraient porter une couleur, allant du noir (règlements ou c'est l'Union qui doit décider) au rouge (questions qui ne sont pas de compétences de l'Union) en passant par le vert et le jaune. Le non-inscrit Frank Vanhecke a réitéré enfin son opposition à l'adhésion de la Turquie.
Pour Margot Wallström, vice-présidente chargée des relations institutionnelles et de la stratégie de communication, l'année 2007 sera décisive sur le plan de la communication: les citoyens doivent comprendre la valeur ajoutée que représentent les priorités et les activités de la Commission (voir EUROPE No 9297 et 9305 sur les conférences de Madrid et de Bergamo). (lg)