Bruxelles, 26/10/2006 (Agence Europe) - Le président du Parti socialiste européen, Poul Nyrup Rasmussen, a adressé le 24 octobre une lettre ouverte à Wilfred Martens, président du Parti Populaire Européen, le mettant en cause pour sa participation à une manifestation anti-gouvernementale organisée par le leader de la droite conservatrice (Fidesz), Viktor Orban, en marge des manifestations célébrant à Budapest les 50 ans de la révolution hongroise. M. Rasmussen estime que M. Martens intervient ainsi dans une campagne anti-démocratique (M. Orban, on le sait, refuse d'accepter le résultat des élections et réclame la démission du Premier ministre Gyurcsany).
En répondant à chaud, par téléphone, à ces critiques, l'ancien Premier ministre belge a affirmé que M. Orban « n'a rien à faire avec les vrais populistes, comme ceux que l'on peut rencontrer en Slovaquie et en Pologne… J'ai toujours lutté contre l'extrême droite…mais Rasmussen ne supporte pas que je me mêle de la situation des pays membres de l'UE… mais il existe un espace politique européen et je veux m'y exprimer ».
Dans une lettre adressée à M. Rasmussen, le 25 octobre, M. Martens a précisé qu'il avait également participé à la cérémonie officielle, et que la réunion du Fidesz n'avait rien d'anti-gouvernemental, en se demandant si défendre un premier ministre qui a menti à son peuple est vraiment défendre la démocratie. Quant à la décision du PSE de suspendre le parti slovaque SMER pour envoyer un message clair aux nationalistes extrémistes, elle ne lui paraît pas crédible: trois membres du SMER ne siègent-ils pas au sein du groupe socialiste au PE ? En conclusion, M. Martens défend encore une fois M. Orban, en affirmant qu'il y quelque chose qui ne va pas dans l'état de Hongrie, en ajoutant: « et nous savons tous les deux que le centre même du gouvernement en est responsable ». (lg)