Bruxelles, 26/10/2006 (Agence Europe) - Mariann Fischer Boel, la Commissaire à l'Agriculture, a présenté le 25 octobre à Strasbourg, devant les membres de la commission compétente du Parlement européen, ses premières idées sur les remèdes à apporter au secteur des fruits et légumes. Elle suggère notamment de supprimer les aides communautaires pour les produits transformés à base de fruits et légumes et d'introduire des outils de gestion de crise. La Commission doit présenter à la fin du mois de décembre, ou au début de l'année 2007, une proposition législative de réforme de cette organisation commune de marché (OCM). Une réforme qui devrait être mise en œuvre à compter de l'année 2008.
« Dans quelques mois », la Commission adoptera une proposition de réforme de l'OCM des fruits et légumes, a confirmé Mme Fischer Boel aux membres de la commission de l'agriculture du PE. Elle a d'abord dressé un tableau assez sombre de l'état du secteur qu'elle perçoit « sous pression »: la concentration croissante dans la distribution, la pression de plus en plus forte de la concurrence des produits originaires des pays tiers, la fragmentation du secteur de production ainsi que les exportations de l'UE confrontées à des barrières sanitaires et phytosanitaires. Les difficultés ne concernent pas seulement le secteur du frais, mais aussi celui des produits transformés qui souffrent de la concurrence, par exemple chinoise (coulis de tomate, fruits congelés et mandarines en conserve) et brésilienne (jus d'orange).
Il est nécessaire, selon la Commissaire, de résoudre les problèmes structurels du secteur. « Nous ne devons pas accepter que les pays tiers se livrent à une concurrence déloyale », mais la protection commerciale « ne doit pas servir d'excuse pour reporter à demain ce qui doit être fait aujourd'hui », a souligné Mme Fischer Boel.
Mme Fischer Boel estime en substance que le secteur des fruits et légumes, aussi différent soit-il des autres, ne devrait pas rester en dehors du régime de paiement unique décidé en 2003 lors de la réforme de la Politique agricole commune (PAC). « Certaines dispositions de notre OCM ne sont plus compatibles avec la PAC réformée, comme le régime de soutien que nous connaissons pour les fruits et légumes transformés », a estimé la Commissaire. Par ailleurs, la Commission envisage de proposer de: - renforcer les aides pour la constitution des organisations de producteurs (le nombre des OP reste « décevant », selon elle) ; - prévoir des mesures pour limiter les effets néfastes de la production sur l'environnement (pesticides, fertilisants, déchets de matières plastiques…) ; - créer des outils de gestion des risques (mauvaises conditions climatiques) ; - et enfin encourager la consommation de fruits et légumes en Europe (qui a tendance à stagner). (lc)