Bruxelles, 24/10/2006 (Agence Europe) - Rien n'indique que le Commissaire en charge de la Sécurité Franco Frattini ne soutienne franchement la démarche du gouvernement espagnol qui vise à sortir le Pays basque du terrorisme. « La Commission ne va pas s'exprimer en faveur de la position du gouvernement espagnol », a indiqué mardi une source européenne à propos de l'intervention de M. Frattini ce mercredi au Parlement européen de Strasbourg. Même si le Commissaire a l'intention de rappeler son attachement à la défense des droits fondamentaux et à la lutte contre le terrorisme, « tout incite la Commission à rester très prudente et à ne surtout pas s'exprimer au sujet de l'autodétermination du pays basque », a expliqué cette source à Europe, notamment au regard des divisions qui déchirent droite et gauche au PE sur cette question. A droite, on craint que le chef du gouvernement socialiste espagnol José Luis Rodriguez Zapatero mette en oeuvre une politique de concessions politiques à l'ETA, concernant l'autodétermination et les frontières du Pays basque, en échange d'un arrêt définitif des attentats. Mercredi, deux résolutions sur le processus de paix engagé par M. Zapatero seront présentées en plénière. Celle du Parti populaire européen (PPE), qui a peu de chances d'être adoptée, souligne que les conditions énoncées par la Chambre des députés espagnole en 2005 concernant le processus de discussion entre l'ETA et le Gouvernement espagnol ne sont pas remplies. Elle juge aussi « contraire à la dignité » toute « concession politique » à l'égard des organisations terroristes en Espagne et estime « que les changements nécessaires au sein de l'ETA n'ont pas été opérés ». La résolution commune de la gauche (PSE), soutenue par les libéraux (ALDE), les Verts et la gauche unitaire (GUE/NGL), apporte en revanche son soutien au processus de paix au Pays basque à la suite du cessez-le-feu de l'ETA. (bc)