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Bulletin Quotidien Europe N° 9293
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/hongrie

Le Parlement se souvient du soulèvement hongrois de 1956

Strasbourg, 24/10/2006 (Agence Europe) - "C'est mon premier souvenir d'enfance concernant la politique", a dit le président du Parlement européen en ouvrant, mardi matin à Strasbourg, une séance consacrée à la commémoration du soulèvement hongrois d'octobre 1956. La Hongrie attendait l'aide de l'ouest et "nous avons été des spectateurs impuissants", a regretté Josep Borrell en constatant que les Hongrois et les Polonais ont posé la première pierre de la réunification du continent. Avant de passer la parole aux présidents des groupes politiques, il a cité Albert Camus qui soulignait en 1957 que la Hongrie vaincue et enchaînée a fait plus pour la liberté et la justice que n'importe quelle autre nation durant les vingt années qui venaient de s'écouler. "Les héros de la révolution hongroise sont les héros de l'Europe", a déclaré le président allemand du groupe PPE-DE, Hans-Gert Pöttering, en leur rendant hommage. Il a aussi souhaité que la réponse aux manifestations qui viennent de secouer Budapest soit mesurée. Evoquant le souvenir de ces "hommes aux mains nues devant les chars soviétiques", le président allemand du groupe socialiste Martin Schulz a dit que leur courage fait partie de ce que nous avons de meilleur à préserver. Le libéral polonais Bronislaw Geremek a aussi rendu hommage au courage et aux souffrances de tout un peuple lors de cette révolution qui était "populaire, nationale et anti-communiste". Soulignant qu'il faut commémorer cet événement "sans chercher à régler des comptes", il a observé que l'Europe a besoin d'une mémoire commune pour former une communauté. A l'époque, l'Europe était "indignée mais faible et silencieuse" et la leçon qu'il faut en tirer c'est que "l'Europe doit être forte, unie et solidaire", a conclu Bronislaw Geremek. Pour le vert allemand Daniel Cohn-Bendit, cette commémoration doit nous rappeler qu'il faut "lutter tous les jours pour préserver la démocratie et les droits de l'Homme". C'est ce que nous ont appris les Hongrois, les Polonais et les Tchèques, mais aussi tout ceux qui ont lutté contre le fascisme, a-t-il ajouté. Le président français du groupe GUE/NGL, Francis Wurtz, a condamné la répression soviétique de ce "soulèvement populaire pour la liberté et l'indépendance", mais il a indiqué que son groupe ne peut pas accepter pour autant "la diabolisation de l'idée communiste". Pour le groupe UEN, l'Italienne Cristiana Muscardini a en revanche fustigé "l'idéologie qui a semé la mort et la destruction" et déploré la persistance de la dictature et de la répression sur la planète (elle a cité la Corée du Nord, Cuba et l'Iran). Pour le groupe IND/DEM, le Néerlandais Johannes Blokland a appelé à la construction d'une société empreinte de tolérance. Le Parlement adoptera, jeudi, une résolution commune à tous les groupes sur le soulèvement hongrois de 1956. (oj)

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