Bruxelles, 09/10/2006 (Agence Europe) - L'Union européenne et l'Alliance atlantique ont condamné, lundi 9 octobre, l'essai nucléaire auquel venait de procéder la Corée du Nord. « Nous condamnons de la manière la plus forte cet essai nucléaire » qui est « inacceptable » et constitue « une menace » pour la communauté internationale, a déclaré Jaap de Hoop Scheffer à l'issue de la réunion du Comité politique et de sécurité de l'UE et du Conseil de l'Atlantique Nord. Le secrétaire général de l'OTAN a demandé la fin des essais et le retour de Pyongyang à la table des négociations. Tout en condamnant lui aussi cette « atteinte à la sécurité mondiale et à la stabilité », le Haut représentant de l'UE, Javier Solana, a plaidé pour une « réaction claire mais calme » de la communauté internationale.
Dans une déclaration faite au nom de l'Union européenne, la Présidence finlandaise « condamne vigoureusement l'essai d'un engin explosif nucléaire par la République démocratique populaire de Corée ». Et elle poursuit: « Réaliser cet essai était inacceptable. L'UE travaille en coopération avec la communauté internationale pour apporter une réponse internationale décisive à cet acte de provocation. Défiant la déclaration du Conseil de sécurité du 6 octobre et les appels de la communauté internationale, cet essai compromet gravement la stabilité régionale et représente une menace sérieuse pour la paix et la sécurité internationale. C'est une violation flagrante de la déclaration intercoréenne de décembre 1991 sur la dénucléarisation (de la péninsule). Cet essai entre aussi complètement en conflit avec la résolution 1695 du Conseil de sécurité des Nations unies qui a été adoptée à l'unanimité après le lancement de missiles balistiques par la Corée du nord (…) La présidence presse la RDPC d'annoncer immédiatement qu'elle va s'abstenir de procéder à de nouveaux essais nucléaires, renoncer aux armes nucléaires et reprendre immédiatement et sans pré-conditions les pourparlers à six et travailler en vue de la mise en œuvre de la déclaration conjointe de septembre 2005, en particulier, en ce qui concerne l'abandon de toutes les armes nucléaires et des programmes nucléaires existants. L'UE presse aussi la RDPC de revenir à ses engagements dans le cadre du traité sur la non-prolifération nucléaire et à ses obligations envers l'AIEA. L'UE demande en outre à la RDPC de signer et ratifier le traité sur l'interdiction des essais nucléaires ».
L'essai nucléaire est « gravement préoccupant », a aussi déclaré le Président du Parlement européen, Josep Borrell. "En procédant à ces essais, la Corée du Nord marque sa volonté de ne pas écouter les appels de la communauté internationale à la non prolifération des armes nucléaires. C'est une menace à la sécurité internationale et au régime de non-prolifération soutenu par l'Union européenne et l'ensemble de la communauté internationale. En octobre 2005, le Parlement européen avait 'exhorté la Corée du Nord à adhérer au TNP, à reconsidérer sa décision de se retirer des négociations à six et à permettre la reprise des négociations en vue de trouver une solution pacifique à la crise actuelle'. Aujourd'hui, cet événement rend la situation gravement préoccupante et le Parlement européen presse le Conseil de Sécurité des Nations Unies d'y répondre rapidement et fermement », affirme M. Borrell dans un communiqué. (oj)