Bruxelles, 03/10/2006 (Agence Europe) - Une délégation ad hoc du Parlement européen conduite par Ioannis Kasoulides (PPE-DE, Chypre) se rendra au Maroc du 5 au 7 octobre pour s'informer de la situation au Sahara Occidental et, en particulier, de celle de la population carcérale sahraouie. Cette mission fait suite à celle entreprise, du 15 au 18 septembre dernier, en Algérie, auprès de la population sahraouie réfugiée dans ce pays. La délégation ad hoc, constituée le 11 octobre 2005, n'a pu jusqu'à présent se rendre du côté marocain et elle n'a que récemment obtenu le "feu vert" marocain. Toutefois, le programme de la visite fait encore l'objet de négociations. Rabat ne voit pas la nécessité d'une visite dans les prisons marocaines alors que, du côté parlementaire européen, de fortes craintes sont exprimées quant au sort de détenus revendiquant le statut de prisonniers politiques. La délégation ad hoc doit aussi se rendre dans ce que les Marocains appellent les "provinces du sud", l'ex-Sahara occupé par l'Espagne, et en particulier à Lâayoun la capitale du territoire disputé.
Le souci est d'examiner la situation des "familles séparées" sahraouies, éparpillées de part et d'autre de la frontière avec l'Algérie et dont les contacts sont, de ce fait, difficiles. Le Parlement est préoccupé par la rupture des moyens d'échanges installés par l'ONU (téléphone gratuit et même des vols spéciaux qu'elle a affrétés) et souhaite plaider leur rétablissement à bref délai. La délégation parlementaire, dont feront partie Karin Scheele (PSE, Autriche), Carlos Carnero (PSE, Espagne), Raul Romeva I Rueda (Vert, Espagne) et Patrick Louis (indépendant/Villiériste, France), aura des entretiens au sein de la chambre des représentants et avec les dirigeants du CORCAS (Conseil Royal Consultatif pour les Affaires sahariennes). Ce comité est chargé de la conception d'une "politique régionale" devant permettre une autonomie administrative du territoire sahraoui et surtout, selon des sources européennes, de surmonter le blocage causé, notamment, par son rejet du plan des Nations Unies, qui prévoyait un référendum sur l'indépendance du territoire du Sahara. Mais on affirme à Bruxelles que le Polisario semble peu enclin à s'accommoder de l'idée d'une autonomie. (hb)