login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9278
Sommaire Publication complète Par article 10 / 35
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/turquie

Olli Rehn demande des « initiatives nouvelles » et des « progrès tangibles » dans les réformes avant le 8 novembre

Bruxelles, 03/10/2006 (Agence Europe) - Le Commissaire Olli Rehn (élargissement) a mis en garde la Turquie affirmant mardi à Ankara que le rythme des réformes a diminué au cours des derniers douze mois et que le gouvernement devra prendre de « nouvelles initiatives » législatives et faire des « progrès tangibles » dans les prochaines semaines s'il veut que le prochain rapport régulier de la Commission européenne soit positif. Le rapport de la Commission sera présenté le 8 novembre prochain. La semaine dernière, le Parlement européen a adopté un rapport qui critiquait le ralentissement des réformes et qui pointait du doigt des « progrès insuffisants » dans des domaines tels que la liberté d'expression, de religion et de droits des minorités (voir EUROPE n°9274). Dans son discours mardi à Ankara, lors d'un symposium sur les droits des syndicats, M. Rehn a cité les principaux déficits qui devront être corrigés prioritairement par le gouvernement et le Parlement turc: - liberté d'expression (il s'agit avant tout d'amender l'article 301 du code pénal qui doit être mis en conformité avec la Convention Européenne des Droits de l'Homme). Il s'agit là d'une valeur essentielle de l'UE, qui fait aussi partie des critères politiques d'adhésion à l'Union, a insisté M. Rehn. « Je ne peux pas imaginer un pays membre de l'UE qui ne respecte pas un principe européen aussi fondamental que la liberté d'expression », a-t-il dit ; - liberté de religion. La Commission demande notamment une loi qui améliore la situation des droits à la propriété des communautés religieuses autres que musulmanes ; - les droits des femmes ; - l'utilisation de moyens proportionnels dans la lutte anti-terroriste. La loi actuelle contient une définition trop vaste et vague de la notion de terrorisme, a souligné M.Rehn ; - respect des droits syndicaux. « Malheureusement, aucun progrès n'a été fait par la Turquie dans ce domaine ces derniers temps ». Une initiative législative, en consultation avec les partenaires sociaux, est donc nécessaire, a estimé M.Rehn.

Le Commissaire a aussi insisté une fois de plus sur le respect des engagements pris par Ankara dans le cadre de l'Union douanière avec l'UE et son extension aux dix nouveaux pays membres - y compris Chypre. Jusqu'ici, la Turquie n'a toujours pas ouvert ses ports et aéroports aux opérateurs chypriotes, en dépit de « l'obligation juridique et contractuelle » de le faire, déplore M. Rehn qui a cependant évité de parler des conséquences éventuelles que ce refus persistant pourrait avoir sur les négociations d'adhésion en cours.

Les industriels turcs confiants que les négociations mèneront à l'adhésion

Entre-temps, un an jour pour jour après l'ouverture des négociations d'adhésion (3 octobre 2005), les représentants de l'industrie turque (TÜSIAD) célèbrent l'événement et soignent leur communication en lançant une semaine d'activités dans plusieurs capitales européennes (Bruxelles, Paris, Berlin) sur le thème de la 'Turkey@Europe_Week'. Devant la presse mardi à Bruxelles, Ömer Sabanci, Président de TÜSIAD, a rappelé les enjeux économiques de l'élargissement avec son pays. 18ème économie mondiale en 2005, la Turquie devrait enregistrer une croissance de 6% lors de la prochaine décennie et représente un atout majeur pour l'Europe qui ne devrait pas être occulté par certaines controverses récentes.

Au plan politique, la Turquie a fait des progrès, aussi bien sur les droits de l'Homme (même s'il reconnaît que certaines décisions de justice peuvent porter préjudice à son pays) que sur la protection environnementale par exemple. « Je suis confiant que la Turquie sera à l'heure à son rendez vous avec l'Europe, et j'espère que l'UE sera là aussi », a-t-il espéré. La question migratoire ne devrait en tout cas pas effrayer selon lui, car ce ne seront « pas les Turcs qui iront chercher du travail en Europe, mais les Européens qui viendront en Turquie pour en trouver ».

Malgré une baisse du soutien populaire à l'égard de l'adhésion (de plus de 80% en faveur il y a un an, l'opinion publique turque est désormais presque à égalité entre oui et non), le vice-premier ministre turc, Abdullatif Sener, a pour sa part rappelé que ce phénomène était également visible dans d'autre pays candidats au moment de leurs négociations. Interrogé sur les risques d'une suspension des négociations en raison de la non-application du protocole sur l'Union douanière (voir ci-dessus), M. Sener a jugé que cette question « ne devrait pas être prise en considération ». Le problème doit être analysé dans son ensemble, a-t-il ajouté, en rappelant que les Chypriotes turcs avaient dit oui au plan de paix des Nations Unies rejeté par Chypre. (hb/ab)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES