Bruxelles, 19/06/2006 (Agence Europe) - L'Assemblée parlementaire paritaire ACP/UE, qui réunit tous les six mois un nombre égal de députés européens et de parlementaires des 79 pays ACP (Afrique/Caraïbe/ Pacifique), s'est ouverte lundi à Vienne pour sa onzième session (19-22 juin). Sont inscrits au menu de cette APP, la problématique de l'énergie dans les pays ACP, le rôle de l'intégration régionale dans la promotion de la paix et la sécurité, la pêche et ses aspects sociaux et environnementaux dans les pays en développement. Les rapports préparés par les commissions permanentes de l'APP sur chacun de ces sujets guideront les débats préalables à l'adoption de résolutions courantes. La grippe aviaire et la situation au Soudan feront l'objet de résolutions d'urgence. L'Assemblée aura par ailleurs un débat sur l'état d'avancement des négociations des accords de partenariat économique et le cycle de Doha, avec la participation du Commissaire Peter Mandelson et de Billie Miller, Vice-premier ministre de la Barbade. Un débat est également prévu avec le Commissaire au Développement Louis Michel et le président en exercice du Conseil de l'UE, Hans Winkler. Dans son allocution d'ouverture, Josep Borrell, Président du PE, a insisté sur la nécessité, pour la qualité du partenariat ACP/UE, d'une approche conjointe de la gestion des flux migratoires. « Ceux qui croient qu'un nouveau mur érigé le long de notre frontière Sud les protégera se trompent totalement. Si l'Europe ne tend pas la main vers le Sud, le Sud viendra à elle, illégalement ou clandestinement. Nous allons proposer que la question des migrations soit placée au cœur du partenariat ACP/UE pour que la politique à ce sujet puisse être élaborée conjointement, dans un esprit de co-développement. Nous apporterons aussi notre soutien au plan d'action adopté par les ministres ACP en avril pour créer un observatoire des migrations ».
Le Camerounais Louis Claude Nyassa, coprésident ACP faisant fonction, a choisi de mettre l'accent sur le chemin à parcourir pour atteindre un résultat satisfaisant pour les deux parties dans les négociations des APE. « Bien que nous avancions vers la conclusion d'accords de partenariat économique, prévue en décembre 2007 pour une entrée en vigueur d'un nouveau régime ACP/UE au 1er janvier 2008, les pays ACP ont encore de nombreuses préoccupations. Les négociateurs de l'UE mettent surtout l'accent sur l'accès au marché tandis que pour les ACP, les principales préoccupations concernent la dimension développement des APE », a-t-il déclaré.
Glenys Kinnock (travailliste britannique), coprésidente européenne de l'APP, a, quant à elle, insisté sur l'importance d'un financement adéquat de l'aide publique au développement pour la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement. « 2005 a été un tournant. Nous devons maintenant faire le point et évaluer si les choses sont sur les rails. S'agissant des niveaux d'aide publique au développement, les donateurs font preuve d'une comptabilité très créative. Les chiffres continuent d'être obscurs car les données officielles continuent de comptabiliser les arrangements relatifs à l'annulation de la dette comme de l'argent frais. Si l'ont tient compte de cette inflation, l'augmentation générale de l'aide du G8 pour 2005 s'élève à un maigre 9% », a-t-elle déclaré.