Bruxelles, 19/06/2006 (Agence Europe) - Européens et Américains doivent lancer ce mercredi 21 juin, dans le cadre du Sommet UE-Etats-Unis à Vienne (voir autre nouvelle), une Action stratégique conjointe de lutte contre la piraterie et la contrefaçon dont la Chine et la Russie seront les cibles prioritaires. Décidée en 2005 par les Commissaires Peter Mandelson (Commerce) et Günter Verheugen (Industrie) et le représentant américain à l'Industrie Carlos Gutierrez, cette stratégie en faveur du respect global des droits de la propriété intellectuelle reposera sur trois piliers: - une coopération douanière renforcée comprenant des actions douanières conjointes aux frontières (joint border enforcement actions) ; - une action conjointe sur place dans les pays d'origine de la contrefaçon incluant la mise en place d'équipes de diplomates et d'experts des ambassades américaine et européennes installées dans ces pays qui partageront l'information et les données ainsi que les bonnes pratiques ; - une collaboration accrue avec le secteur privé victime de la piraterie et de la contrefaçon. En outre, les efforts initiaux seront concentrés sur la Chine et la Russie, ainsi que sur d'autres pays en Asie, en Amérique Latine et au Moyen-Orient, la stratégie euro-américaine visant à aider les pays émergents à accroître leurs efforts pour lutter contre le vol de la propriété intellectuelle.
Les négociations du round de Doha sont aussi à l'ordre du jour du sommet. M. Mandelson entend profiter de cette réunion pour convaincre Washington de se montrer plus flexible aussi bien sur ses exigences que sur son offre à l'OMC (voir autre nouvelle) pour ne pas rater la nouvelle échéance de fin juin pour un compromis sur les modalités en agriculture et sur les biens manufacturés (NAMA). « J'ai constamment salué l'engagement du président Bush en faveur d'un round ambitieux », a-t-il déclaré à la presse vendredi dernier en commentant les propos du président américain qui, estimant que les négociations sont « à un moment charnière », a assuré que les Etats-Unis étaient « prêts à prendre de dures décisions en agriculture » avec les Européens et pays émergents du G-20. « Le problème avec la position des Etats-Unis, c'est qu'ils offrent de payer trop peu pour ce qu'ils attendent en retour et il faut que cela change pour que nous ayons la possibilité de débloquer un accord », a poursuivi M. Mandelson, avant d'ajouter: « C'est Washington qui doit faire un pas en avant ». Avant de s'engager à offrir de nouvelles flexibilités à son offre agricole (EUROPE n° 9212), l'Union attend toujours de plus amples concessions de la part des Américains en matière de soutiens internes agricoles et de concurrence à l'exportation (élimination des crédits à l'exportation et de l'aide alimentaire, formes déguisées de soutiens à l'exportation). « Le G-20 doit présenter une offre réaliste de réduction des tarifs sur les NAMA. Mais nous n'atteindrons ce moment que lorsque nous, Etats-Unis et Europe, aurons fait des offres appropriées en agriculture », a rappelé M. Mandelson.
Enfin, Européens et Américains devraient faire le point sur la Transatlantic economic initiative, qui, lancée en novembre dernier, se concentre sur l'élimination des barrières non tarifaires au commerce et travaille notamment à la promotion de la coopération réglementaire.